Il y a eu plusieurs bombardements et attaques aériennes dans le monde au cours de l’histoire. Cela est particulièrement vrai pendant les guerres mondiales. Mais saviez‑vous quand a eu lieu l’attaque aérienne la plus destructrice ?

Le 10 mars 1945, les bombardiers américains ont lancé une nouvelle campagne de bombardement contre le Japon, déversant 2 000 tonnes de bombes incendiaires sur Tokyo. Ce fut la plus grande tempête de feu unique jamais enregistrée, environ 16 miles carrés de terrain dans et autour de Tokyo ont été brûlés, tuant environ 130 000 civils japonais.

Que s’est‑il passé pendant l’attaque ?

Sur les îles Mariannes de Tinian et Saipan, l’équipage de l’Armée de l’air s’est réuni pour un briefing militaire le 9 mars 1945. Ils ont prévu une frappe de bombardement à basse altitude sur Tokyo pour cette soirée, mais avec une condition : leurs avions seraient dépouillés de toutes les armes sauf la tourelle arrière. 

Le poids plus léger des avions augmenterait la vitesse de chaque bombardier Superfortress, ainsi que sa capacité de charge de bombes. Cela augmenterait de 65 %, permettant à chaque avion de transporter plus de sept tonnes de bombes.

On a indiqué à l’équipage que s’ils étaient abattus, ils devaient se hâter de rejoindre l’eau, ce qui augmenterait leurs chances d’être récupérés par les équipes de secours américaines. S’ils atterrissaient sur le territoire japonais, les habitants les traiteraient comme une menace. La mission de cette nuit entraînerait la mort de dizaines de milliers de ces mêmes civils.

Le bombardement en grappe de Shitamachi, une banlieue de Tokyo, n’avait été approuvé que quelques heures auparavant. Shitamachi comptait environ 750 000 habitants vivant dans des bâtiments en bois à ossature très serrée. 

Mettre le feu à cette ville de papier était une forme de test des effets du bombardement incendiaire, ainsi qu’un moyen de détruire les industries légères, appelées usines fantômes, qui fabriquaient des matériaux de guerre préfabriqués pour les compagnies aéronautiques japonaises.

Les habitants de Shitamachi’s n’ont jamais eu la chance de se défendre. Leurs services d’incendie étaient gravement sous‑effectifs, mal formés et mal équipés. Les bombardiers Superfortress B‑29 ont décollé de Saipan et Tinian à 17 h 34, atteignant leur cible à 00 h 15 le 10 mars 1945. À une altitude de 500 pieds, 334 bombardiers ont largué leur charge, déclenchant un immense brasier alimenté par des vents de 30 nœuds qui ont contribué à raser Shitamachi et à propager les flammes à travers Tokyo.

Des milliers de civils japonais terrifiés ont tenté, sans succès, de fuir le feu déchaîné. Les pilotes des bombardiers ont été contraints d’utiliser des masques à air pour éviter de vomir à cause des brumes rouge sang et de l’odeur de chair brûlée qui flottaient au‑dessus.

Le raid a duré environ trois heures et demie. D’innombrables corps dérivaient dans la noire rivière Sumida, vêtus ou nus, tous noirs comme du charbon. C’était surréaliste, a déclaré un médecin présent sur les lieux. (Source : Firebombing Tokyo)

Souvenir de l'horrible attaque aérienne

Les corps de ceux qui avaient été inhumés dans des fosses communes ont été exhumés et brûlés après la guerre. Les cendres ont été déposées dans un ossuaire du parc Yokoamicho de Sumida, qui avait été construit pour conserver les restes de 58 000 victimes du séisme de 1923.

(Source : Mémoire publique des raids aériens de Tokyo)