Lorsque nous jetons un œil aux photos de fêtes et de rassemblements au Moyen Âge, nous remarquons que des personnes portent des costumes amusants, colorés et étranges. Au départ, nous pensons qu’ils ont simplement été engagés pour divertir l’événement, mais le véritable destin des bouffons de cour est bien plus sombre que nous le pensons.
Les familles riches du Moyen Âge prenaient en charge des personnes atteintes de maladies mentales ou de déformations physiques. Elles les gardaient comme bouffons de cour ou comme animaux de compagnie pour leur amusement tordu. Ils n’étaient pas payés, seulement nourris, vêtus et recevaient un endroit où dormir sur le sol.
Qu’est‑ce qu’un bouffon de cour ?
Un bouffon ou un fou était un membre du foyer d’un noble ou d’un monarque employé uniquement pour le divertissement. Ils étaient assez populaires pendant les époques médiévales.
Le terme jester provient du mot français jestour, qui signifiait conteur. On leur donnait différents noms tels que fol, disour, bouffon et border au fil du temps. (Source: Online Etymology Dictionary)
Comment était la vie d’un bouffon de cour ?
Les bouffons sont souvent représentés comme le sage fou, courant partout, jouant de la musique, jonglant et racontant des blagues pour divertir les invités d’une fête. Au XIe et XIIe siècle, on leur donnait le nom de minstrel, qui signifiait petit serviteur. Ils avaient un éventail plus large de fonctions en tant qu’artistes. Ils chantaient, faisaient des acrobaties, pratiquaient la magie, etc. Les hommes et les femmes étaient employés comme ménestrels.
La plupart des bouffons ou ménestrels étaient physiquement déformés ou souffraient d’une forme de maladie mentale qui les empêchait de bien s’intégrer à la société. Les familles riches les prenaient en charge et les traitaient essentiellement comme des animaux de compagnie en leur donnant simplement de la nourriture, de l’eau et un abri. Ils n’étaient jamais réellement payés.
Au XIIe siècle, le titre de follus ou fou était utilisé et mentionné dans les documents lorsqu’on décrivait des bouffons qui avaient reçu des terres en paiement de leurs services. Un bouffon nommé Roland le Pettour reçut 30 acres de terre du roi Henri II lorsqu’il prit sa retraite. Cela lui fut accordé à condition qu’il revienne à la cour royale chaque jour de Noël. (Source: History Extra)
Quelle était la signification politique d’un bouffon ?
David Carlyon, un érudit, a mis en doute le concept d'un bouffon politique audacieux. Il a qualifié les récits historiques d'apocryphes, affirmant que la culture populaire adopte une image sentimentale du clown.
À l'époque, les bouffons pouvaient aussi donner de mauvaises nouvelles au roi. Le genre de nouvelles que personne n'oserait livrer. En l'an 1340, lorsque la flotte française fut détruite à la bataille de Sluys, le bouffon dit au roi Philippe VI que les marins anglais n'avaient pas le cran de sauter à l'eau comme les braves Français. Bien sûr, il le disait sur le ton du sarcasme. (Source: Fools are Everywhere: The Court Jester Around the World)
Existe-t-il encore des bouffons aujourd'hui ?
Aujourd'hui, le bouffon se joue sous différentes formes. On le voit souvent lors de reconstitutions médiévales, de foires de la Renaissance ou de carnavals. Contrairement au Moyen Âge, ils n'étaient pas employés ni logés dans la maison d'un noble, mais faisaient semblant d'en être un pour le plaisir. (Source: Fen Vlaanderen)






