David Bowie était l’un des musiciens les plus influents du XXe siècle. Il était connu comme un caméléon culturel tout au long de sa longue et colorée carrière, montrant de l’intérêt pour plusieurs domaines au‑delà de l’industrie musicale. Mais saviez‑vous que le talentueux musicien a également fait sensation à Wall Street ?
Au milieu et à la fin des années quatre‑vingt‑dix, David Bowie a vendu des titres adossés à des actifs appelés « Bowie bonds ». Ces obligations offraient aux investisseurs une part des futures redevances du musicien décédé pendant dix ans.
Qu’étaient les Bowie Bonds ?
David Bowie a réalisé qu’il pouvait générer des revenus à partir de son vaste catalogue accumulé au cours de ses années dans l’industrie musicale. Au milieu des années quatre‑vingt‑dix, lui, le banquier David Pullman et son directeur financier Bill Zysblat ont imaginé un nouveau dispositif pour gagner de l’argent. En 1997 ; Bowie a vendu des Bowie bonds.
Les Bowie bonds étaient des titres adossés à des actifs achetés par la société d’assurance américaine de l’époque, Prudential Financial, pour 55 millions de dollars. Ils permettaient aux investisseurs de recevoir des parts des futures redevances pendant dix ans. Prudential s’est engagé à ce que Bowie rembourse ses nouveaux créanciers à partir de ses revenus futurs avec un rendement annuel fixe de 7,9 %.
Bowie a ensuite conclu un accord avec EMI Records, qui lui a permis d’emballer et de vendre des obligations sur les redevances de 25 albums qu’il a sortis entre 1969 et 1990. Selon le Financial Times, les albums comprenaient des singles tels que The Man Who Sold The World, Ziggy Stardust et Heroes. La légende britannique a également utilisé une partie des 55 millions de dollars pour racheter son ancien manager, Tony DeFries. (Source : BBC)
Le Bowie bond était le premier du genre, où un musicien vendait des droits de propriété intellectuelle via des obligations. Moody’s Investors Service, une société de services financiers, a attribué au Bowie bond une notation de qualité d’investissement, avec un faible risque de défaut. Cependant, le Bowie bond est apparu à la même époque que l’avènement des services de partage de musique en ligne, entraînant une baisse des ventes d’enregistrements. (Source : CNN Business)
Les obligations ont connu un succès relativement bref, ce qui a conduit Moody’s à modifier sa notation, passant de « investment grade » à BBB+, juste un cran au‑dessus du statut de junk. Cela signifiait que l’obligation était considérée comme un investissement risqué. (Source : DW)
Artistes qui ont suivi les traces de Bowie
David Pullman, le banquier qui a aidé Bowie à créer les Bowie Bonds, a également aidé plusieurs artistes qui ont décidé de suivre les pas du caméléon culturel et de tremper leurs orteils à Wall Street. Voici quelques‑uns des artistes que Pullman a soutenus.
- Ashford & Simpson – le duo de compositeurs responsable de Ain’t no mountain high enough et I’m Every Woman. Le groupe Pullman a émis une obligation de 25 millions de dollars en 1999.
- James Brown – également connu sous le nom de Godfather of Soul, a conclu un accord de 30 millions de dollars avec le groupe Pullman en 1999.
- Marvin Gaye – le groupe Pullman a organisé une obligation émise au profit de la succession du regretté chanteur, dont son épouse et ses enfants ont partagé les bénéfices provenant de leurs parts d’obligations.
- Iron Maiden – le premier groupe de heavy metal à avoir suivi le format des obligations Bowie pour vendre la propriété intellectuelle de leur musique.
- Duane Hitchings – auteur‑compositeur responsable des succès d’artistes tels que Rod Stewart, Heart, Tupac Shakur, Notorious BIG et Steve Perry. Pullman a estimé que la valeur de son catalogue variait entre 25 et 100 millions de dollars.
(Source : Exeter)




