La discrimination raciale existe encore aujourd'hui. Cependant, l'ampleur de la discrimination dans les années 1960 était définitivement plus grande. Saviez-vous que les premiers partisans de l'égalité raciale devaient suivre une formation rigoureuse afin de mener une protestation efficace mais non violente ?

Les étudiants du lycée et de l'université des collèges historiquement noirs se préparaient aux agressions lors des sit‑in en suivant des scénarios d'entraînement extrêmes tels que souffler de la fumée, arracher les cheveux, bousculer les chaises, renverser du café et proférer des insultes.

Le mouvement des sit‑in

Le mouvement des sit‑in a commencé à Greensboro, en Caroline du Nord, en 1960. C'était un mouvement des droits civiques non‑violent, qui constituait un acte de désobéissance civile et une tactique utilisée par les Afro‑Américains pour susciter la sympathie du public non impliqué.

Le mouvement est né de la tactique du sit‑down utilisée par les travailleurs syndicaux dans les années 1930. Le sit‑down a été utilisé pour la première fois aux États‑Unis lors de la grève des United Automobile Workers contre General Motors en 1937. La première version du sit‑in a été organisée par le Congress of Racial Equality, ou CORE, en 1942 pour promouvoir l'anti‑ségrégation dans un café de Chicago.

Le 1er février 1960, quatre étudiants afro‑américains de première année du Agricultural and Technical College of North Carolina ont visité un grand magasin F.W. Woolworth. Ils se sont ensuite assis au comptoir de déjeuner réservé aux blancs et ont passé commande, mais le service leur a été refusé.

Le service a été refusé parce que, bien qu'ils soient autorisés à fréquenter la salle à manger, les Noirs ne pouvaient occuper qu'un snack‑bar debout. Ils sont restés assis et, lorsqu'on leur a demandé de partir, ils ont refusé et sont restés jusqu'à la fermeture du magasin. La police n'a pas pu évacuer les étudiants, arguant qu'ils étaient des clients payants puisqu'ils avaient déjà fait leurs achats dans le magasin et n'avaient commis aucune action violente.

Le lendemain, les étudiants sont retournés au magasin, accompagnés de plus d'une douzaine d'autres étudiants. Rapidement, l'intérêt pour rejoindre les protestations sit‑in s'est répandu dans le collège, un collège historiquement noir. Le mouvement s'est étendu à Salisbury, en Caroline du Nord ; San Antonio, au Texas ; et Chattanooga, dans le Tennessee. Les responsables locaux et les propriétaires d'entreprises ont déségrégé leurs installations après la tenue de sit‑in locaux.

Le comportement non‑violent et courtois des manifestants noirs lors des sit‑in a bien fonctionné à la télévision locale et nationale. Cela les a présentés comme des personnes responsables, et la cruauté du système de ségrégation a été exposée. Les organisations des droits civiques se sont impliquées et ont organisé des sessions de formation pour les participants. (Source : Britannica)

Préparer la protestation

La manifestation pacifique des droits légaux et du respect était due au fait que les participants prenaient souvent la haute morale. Les manifestants sont souvent confrontés à des harcèlements violents et agressifs lorsqu'ils organisent leurs sit‑in. Pour aider les manifestants à se préparer au sit‑in, CORE et SCLC, ou la Southern Christian Leadership Conference, ont organisé des ateliers pour enseigner des tactiques et inculquer l'idée de non‑violence afin d'accroître la puissance et la portée du mouvement.

Le cours de théâtre social soumet ses participants à des scénarios qu'ils sont susceptibles de rencontrer lorsqu'ils commencent un sit‑in. On attendait des manifestants qu'ils ne fléchissent pas et ne se vengent pas lorsqu'ils sont confrontés à l'une ou l'autre de ces situations :

Ceux qui se mettent en colère échouent automatiquement au cours. (Source : Britannica)