Avant l'apparition des gnomes de jardin, les Allemands avaient des ermites de jardin. Mais qu'est‑ce que c'est, et pourquoi étaient‑ils très populaires au XVIIIe siècle ?
Les ermites de jardin étaient des personnes payées pour se déguiser en druides et habiter les cavernes et grottes des domaines de riches personnes comme ornement. Le logement et la pension sont les formes habituelles de paiement pour ces ermites.
Ermites de jardin
Un ermite, également appelé érémitique, est une personne qui se retire de la société pour diverses raisons, mais la plupart sont dues à des convictions religieuses. Les premiers ermites chrétiens apparurent vers la fin du IIIe siècle en Égypte, où fuir la persécution de l'empereur romain Decius conduisit à une vie de prière et de pénitence. Paul de Thèbes, un reclus qui s'est enfui dans le désert vers 250 av. J.-C., fut le premier ermite enregistré. (Source : Britannica)
Au XIXe siècle, Saint François de Paola est crédité d'être le premier ermite de jardin du monde. Saint François suivait le mode de vie de l'ermite saint, renonçant aux possessions matérielles pour cultiver une relation plus forte avec Dieu. L'ermite devint un confident proche du roi Charles VIII grâce à ses connaissances.
Le roi fit construire une petite structure pour que l'ermite y vive sur l'un de ses domaines. Les nobles de la monarchie française désirèrent rapidement une démarche similaire et commencèrent à ériger de modestes chapelles et autres constructions dans leurs jardins pour accueillir des ermites religieux érudits.
Comment les ermites de jardin sont‑ils devenus populaires ?
Au fil du temps, les aristocrates britanniques de passage développèrent une association entre les jardins magnifiques et les ermites âgés. Ils popularisèrent la tendance en Angleterre, où elle devint à la mode aux XVIIIe et XIXe siècles. (Source : Medium)
Les vrais ermites étaient rares, et les propriétaires terriens riches durent faire preuve d'inventivité. Certains placèrent des annonces dans les journaux offrant nourriture, hébergement et une allocation à quiconque souhaitait vivre en solitaire. L'honorable Charles Hamilton publia une telle annonce. (Source : Mental Floss)
On attendait des ermites qu'ils aient l'apparence appropriée et ils n'étaient donc pas autorisés à se couper les cheveux, les ongles ou la barbe. Certains foyers interdisaient même à leurs ermites de se laver, car un corps sale ajoutait de l'authenticité au rejet de la civilisation par l'ermite.
Les ermites, vêtus de vêtements de style druidique, résidaient dans de petites grottes de jardin. Leurs cavernes étaient équipées des accessoires nécessaires pour un sage, un sablier, une bible, des lunettes et un crâne théâtral.
Certaines maisons nécessitaient une certaine dose de spectacle de la part de leurs ermites ornementaux. Lorsque les invités arrivaient, on s’attendait à ce qu’ils racontent des histoires, lisent de la poésie et servent du vin. D’autres maîtres souhaitaient que leurs ermites soient plus semblables à des statues, les instruisant en toutes circonstances de ne pas communiquer avec les invités. (Source: Medium)
Ces conditions s’ajoutaient à l’interdiction faite à l’ermite de quitter le jardin de son employeur jusqu’à la fin de la période contractuelle. Cette période pouvait s’étendre sur plusieurs mois, voire des années, et le non‑respect entraînait la perte du paiement.
Les ermites continuent d’attirer l’attention de nos jours. Stan Vanuytrecht s’est installé dans une ermitage à Saalfelden, en Autriche, haut dans les Alpes, à la fin d’avril 2017. Bien qu’il n’y ait eu ni accès à Internet, ni eau courante, ni chauffage, cinquante personnes ont postulé pour cet emploi.
L’ermitage, habité en continu depuis 350 ans, invite les visiteurs à venir dialoguer spirituellement avec l’ermite résident et s’attend à de nombreux visiteurs. (Source: Mental Floss)
Autres métiers inhabituels au XIXe siècle
L’ermite de jardin, aujourd’hui remplacé par des gnomes en céramique, n’est pas le seul métier inhabituel de son époque. Voici quelques autres professions uniques mais intéressantes que l’on pouvait rencontrer au XIXe siècle.
Alarme humaine
L’alarme humaine frappait à la porte ou à une fenêtre selon un horaire préétabli. Cela permettait aux travailleurs d’arriver à l’heure au travail. Ils devaient inscrire l’heure à laquelle ils souhaitaient être réveillés sur une ardoise. Pour que les ouvriers commencent leur journée, les frappeurs arrivaient et martelaient la porte ou la fenêtre.
Résurrectionniste
Le travail du résurrectionniste consiste à exhumer les cadavres récemment décédés à la demande des médecins. Bien que ce métier fût illégal, il a contribué à l’avancement du domaine médical en permettant d’en apprendre davantage sur l’anatomie humaine.
Mangeur de péchés
Les Britanniques pensaient qu’une personne décédée pouvait être purifiée de ses péchés si un mangeur de péchés consommait la nourriture provenant de la poitrine du défunt. Il n’y avait que quelques mangeurs de péchés. La plupart d’entre eux étaient des mendiants. (Source: Anglotopia)





