La culture japonaise est fascinante, notamment pour sa discipline et son éthique inégalée. Malgré la perte ou l'humiliation, on sait qu'ils restent honorables et se conduisent avec le plus grand respect. Mais saviez‑vous l’histoire d’un général japonais de la Seconde Guerre mondiale qui estimait que sa peine était insuffisante ?
Le général Hitoshi Imamura a été condamné à 10 ans de prison pour ne pas avoir contrôlé ses troupes qui ont commis des crimes de guerre contre des troupes australiennes. Il estimait que sa peine était trop courte, alors il a reconstruit sa cellule dans son jardin.
Qui était Hitoshi Imamura ?
Hitoshi Imamura est né le 28 juin 1886. Il était originaire de la ville de Sendai, dans la préfecture de Miyagi. Le père d’Imamura était juge. Il a obtenu son diplôme de l’Académie de l’armée impériale japonaise en 1907, puis du Collège de guerre de l’armée en 1915.
En deux ans, Imamura a été promu capitaine et envoyé en Angleterre comme attaché militaire en 1918. En avril 1927, il est devenu attaché militaire en Inde britannique. Deux ans plus tard, il a été promu colonel, occupant plusieurs postes de personnel dans la section des Opérations de l’État‑major général de l’armée impériale japonaise.
En 1932, Imamura a été envoyé commander le 57e régiment d’infanterie de l’IJA à Shanghai, en Chine. À son retour au Japon, il est devenu commandant de l’école militaire de Narashino et, en 1935, a de nouveau été promu commandant de brigade. En seulement trois ans, il a de nouveau été promu au grade de lieutenant‑général et, en deux ans, a accédé à l’un des postes les plus puissants de l’armée japonaise, celui de vice‑inspecteur général de la formation militaire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Imamura a été nommé commandant de la 16e armée, dont la mission était d’envahir les Indes néerlandaises orientales. L’année suivante, il a pris le commandement de la 8e armée de zone, responsable des 17e et 18e armées. Imamura a capturé avec succès Rabaul, Nouvelle‑Bretagne, et en 1943 a été promu général à part entière.
Le général Imamura a capturé avec succès Java, où les Indonésiens l’ont accueilli ainsi que ses troupes. Son séjour et son mandat à Java ont suscité de vives critiques de la part d’autres membres de l’armée. Ils affirmaient que les politiques d’Imamura étaient trop clémentes selon les normes de l’armée japonaise. (Source : Academic)
La politique modérée d’Imamura comprenait la réaffectation des fonctionnaires indonésiens, la réouverture des écoles et le travail sur la reconstruction immédiate et le rétablissement de l’économie indonésienne. L’approche d’Imamura a séduit de nombreux Indonésiens, dont Sukarno, le leader indonésien.
En 1945, Imamura a été contraint de se rendre aux troupes australiennes, mettant fin à l’occupation japonaise à Rabaul et dans les îles du Pacifique Sud. (Source : Cornell)
Le procès après la guerre
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Imamura et ses troupes furent détenus à Rabaul par l'armée australienne. Imamura et son armée furent accusés de crimes de guerre, notamment d'exécuter des prisonniers de guerre alliés. Imamura et ses troupes devaient être jugés par un tribunal militaire.
Imamura, souhaitant accélérer la poursuite de ses troupes, écrivit une lettre au commandant australien à Rabaul, demandant que son procès soit accéléré et poursuivi rapidement. Il fut inculpé pour ne pas avoir accompli son devoir et pour ne pas avoir contrôlé les membres de son commandement, ce qui les a amenés à commettre des atrocités brutales.
Imamura fut condamné à dix ans de prison. Il purga sa peine à la prison de Sugamo à Tokyo et fut libéré en 1954. David Van Reybrouck, l'auteur du livre Revolusi, rapporta qu'Imamura estimait que sa peine était trop légère pour le crime qu'il avait commis. Pour poursuivre sa repentance, il fit reconstruire une copie de sa cellule de prison dans son jardin, où il passa le reste de sa vie. (Source : Academic)






