Selon une étude génétique récemment publiée, Gengis Khan, le redoutable guerrier mongol du XIIIe siècle, aurait fait plus que gouverner le plus grand empire du monde ; il aurait également contribué à le peupler. Mais savez‑vous combien d’hommes portent l’ADN de Gengis Khan ?
Depuis qu’une étude de 2003 a découvert que l’ADN de Gengis Khan est présent chez environ 16 millions d’hommes vivants aujourd’hui, la prouesse génétique du souverain mongol est restée un exploit inégalé.
Le plus grand exploit de Gengis Khan
À sa mort, l'empire du Khan s'étendait de l'océan Pacifique à la mer Caspienne. Le massacre indiscriminé des vaincus marquait fréquemment ses conquêtes militaires. Ses descendants ont étendu l'empire et ont maintenu le pouvoir dans la région pendant des centaines d'années, dans des civilisations où les harems et les concubines étaient la norme. Et les hommes étaient incroyablement prolifiques.
Tushi, le fils aîné du Khan, aurait eu 40 fils. Selon des documents rédigés pendant ou peu après le règne du Khan, le pillage, le saccage et le viol constituaient le butin de guerre pour tous les soldats, mais le Khan avait le premier choix parmi les belles femmes. Son petit‑fils, Kubilai Khan, qui fonda la dynastie Yuan de Chine, eut 22 fils légitimes et aurait ajouté 30 vierges à son harem chaque année.
Les événements historiquement documentés accompagnant l’établissement de l’empire mongol auraient contribué directement à la diffusion de cette lignée.
Bruce R. Korf, auteur de l'American Journal of Human Genetics
(Source : National Geographic)
Suivre les descendants de Gengis Khan
Les chercheurs ont examiné des échantillons de sang recueillis sur une période de dix ans auprès de plus de 40 populations vivant dans et autour de l’ancien empire mongol.
Le chromosome Y est utilisé dans les études de population car il ne se recombine pas comme les autres parties du génome. Chaque parent contribue à la moitié de l’ADN d’un enfant, qui se combine pour former une nouvelle combinaison génétique en ce qui concerne la couleur des yeux, la taille, la résistance ou la susceptibilité aux maladies.
Le chromosome Y est transmis du père au fils sous forme d’un fragment d’ADN, essentiellement inchangé sauf pour des mutations aléatoires.
Les marqueurs sont des mutations aléatoires qui surviennent naturellement et sont généralement inoffensives. Une fois les marqueurs identifiés, les généticiens peuvent les remonter dans le temps jusqu’au point où ils sont apparus pour la première fois, définissant ainsi une lignée distincte de descendance.
Dans ce cas particulier, la lignée a commencé il y a 1 000 ans. Les auteurs ne prétendent pas que les mutations génétiques qui définissent l’arbre généalogique proviennent de Khan, né vers 1162 ; au contraire, ils estiment qu’elles lui ont été transmises par un arrière‑arrière‑grand‑père.
Une seule population en dehors de l’empire mongol, uniquement au Pakistan, portait la lignée.
Les Hazaras du Pakistan nous ont donné notre premier indice sur le lien avec Gengis Khan. Ils ont une longue tradition orale qui affirme qu’ils sont ses descendants directs.
Bruce R. Korf, Auteur de l’American Journal of Human Genetics
Bien sûr, un lien avec Gengis Khan ne pourra jamais être prouvé à moins que sa tombe ne soit découverte et son ADN prélevé. D’ici là, les généticiens continueront de chercher des communautés isolées dans l’espoir de résoudre les énigmes de nos origines génétiques et de notre parenté. (Source : National Geographic)




