Jamais auparavant un avion de guerre aussi ancien, vulnérable et technologiquement primitif n'avait semé autant de ravage chez ses adversaires que le Junkers Ju-87 Stuka. Même lorsque l'Allemagne a envahi la Pologne, déclenchant la Seconde Guerre mondiale, son Ministère de l'Aviation a eu des difficultés à développer un remplacement du Reichsluftfahrtment pour son avion de piqué, le premier Ju-87B étant destiné à être le dernier modèle construit. Mais savez‑vous pourquoi les avions Stuka allemands émettaient un son strident ? 

Le son strident produit par les avions allemands lorsqu'ils piquaient était causé par de petits ventilateurs attachés à l'avant de leur train d'atterrissage qui agissaient comme une sirène. Il était destiné à affaiblir le moral ennemi et à augmenter la peur du piqué.

Le seigneur du piqué ; le Stuka

La réputation redoutable du Stuka était également influencée par le fait que l'avion était fréquemment imaginé, et couramment présenté dans les actualités de l'époque, planant sur Varsovie et les Pays‑Bas, ses sirènes Jericho Trompeten hurlant. Pendant la guerre civile espagnole, neuf Ju‑87 furent utilisés, mais ils ne furent employés que rarement et de façon conservatrice.

Même les pilotes nationalistes espagnols étaient interdits d'approcher ces avions car ils étaient encore considérés comme des armes secrètes. La petite ville marchande espagnole de Guernica, sujet de la célèbre peinture anti‑guerre de Pablo Picasso, fut bombardée par des Heinkel He‑111 et des Junkers Ju‑52, des bombardiers horizontaux qui pratiquaient le bombardement à la nappe sans tenir compte des civils, exactement le type de mission pour lequel le Stuka n'était pas conçu.

Il est difficile d'être indulgent envers tout bombardier, mais le Ju‑87 était conçu pour attaquer et détruire des cibles militaires, pas des civils. Si les Stukas avaient été employés pour bombarder le pont crucial qui était la cible principale du raid, le monde aurait depuis longtemps oublié Guernica.

La guerre espagnole a démontré que le Ju‑87 pouvait être une arme précieuse. Lorsque les Bf‑109B sont arrivés, les rebelles nationalistes ont rapidement pris le contrôle du ciel. Parce que l'artillerie antiaérienne républicaine était primitive, les Stukas bombardaient à leur guise, et même les pires largages atterrissaient généralement à moins de 30 mètres de la cible. Les bons tirs étaient soit sur la cible, soit à moins de 5 mètres. (Source : National Interest

Quel est le but du bombardement en piqué ?

Le seul avantage du bombardement en piqué est la précision. Imaginez courir à toute vitesse sur un green de golf tout en essayant de laisser tomber une balle dans le trou depuis le niveau des yeux. Imaginez‑vous debout directement au-dessus du trou et viser de la balle vers le trou avant de la laisser tomber. Le premier cas correspond au bombardement horizontal traditionnel, dont la précision dépend d'un vise‑bombes capable de calculer divers paramètres pour créer la parabole correcte du compartiment à bombes jusqu'à la cible. Le second cas est le bombardement en piqué, et si le piqué est réellement vertical, la bombe suivra la trajectoire du bombardier vers la direction que l'avion pointe, que ce soit un char, un navire, un bunker ou un bâtiment.

La précision chirurgicale du Stuka en faisait une arme anti‑navire mortelle. Lors de l'invasion de la Norvège, les Stukas coulèrent la majeure partie de la marine polonaise, immobilisèrent deux croiseurs, détruisirent plusieurs destroyers et corvettes alliés, et harcelèrent les navires évacuant les troupes alliées à Dunkerque. (Source : National Interest

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