Depuis des années, les gens associent l'introversion à des connotations négatives. En réalité, il n’y avait pas assez d’études pour le prouver. Ainsi, l’Université de Yale a pris l’initiative d’en apprendre davantage sur les individus introvertis et a trouvé des résultats surprenants.
Dans une étude menée en 2018, des psychologues de Yale ont découvert que les introvertis plus mélancoliques semblent être plus aptes à comprendre les gens sur le plan social parce qu’ils reconnaissent mieux la nature humaine, même sans formation formelle.
Qu’est‑ce qui rend les introvertis différents ?
On supposait que pour être psychologue social officiellement, il fallait une formation approfondie et des outils spécifiques afin de pouvoir déchiffrer les racines mêmes de la nature humaine. Mais grâce à la nouvelle étude des psychologues de Yale, cette hypothèse a été mise à l’écart.
L’étude a montré qu’un groupe particulier d’individus pouvait évaluer la vérité sur la nature sociale humaine. Et cela sans formation ni outils appropriés. Mais, étonnamment, le groupe qui excellait dans ce domaine était celui des introvertis mélancoliques.
Les introvertis enclins à la mélancolie semblent plus perspicaces pour comprendre comment nous nous comportons en groupe que leurs pairs grégares. Cela semble être un cas de plus tristes mais plus sages. Ils ne voient pas le monde à travers des lunettes roses comme le font les personnes joviales et extraverties.
Anton Gollwitzer
(Source : Yale University)
Comment l’étude a‑t‑elle été menée ?
Anton Gollwitzer, John Bargh et le reste de l’équipe de l’étude ont posé à environ mille participants 40 questions sur la façon dont les gens pensent et ressentent dans un contexte social. Ces questions ont été répondues et étudiées en profondeur par des psychologues sociaux.
Certaines des questions comprennent :
- Les gens travaillent‑ils plus dur en groupe ou individuellement ?
- Les gens se sentent‑ils plus responsables de leur comportement en groupe ou individuellement ?
- La catharsis fonctionne‑t‑elle ; si je suis en colère, le fait de déverser mes hostilités sur une poupée en peluche me fera‑t‑il me sentir mieux ?
Un lien vers le sondage peut être trouvé ici. (Source : Yale University)
Quels ont été les résultats ?
Sur la base des données recueillies lors du sondage, en moyenne, les gens travaillent plus dur lorsqu’ils sont seuls comparé à être en groupe. Lorsque les gens sont en groupe, ils ont tendance à se sentir moins responsables de la charge de travail que lorsqu’ils doivent faire les choses de manière indépendante.
Après le sondage, les chercheurs ont mené une série d’expériences sociales pour identifier certains traits de ceux qui ont répondu correctement aux questions. L’intelligence et le désir de s’attaquer aux complexités du problème étaient les facteurs clés trouvés chez les candidats choisis pour l’expérience. Ils ont également remarqué que les personnes classées comme introverties répondaient plus précisément que les candidats extravertis.
Il se pourrait que les personnes mélancoliques et introverties passent plus de temps à observer la nature humaine que celles qui sont occupées à interagir avec les autres, ou qu’elles soient plus précises dans l’introspection parce qu’elles ont moins de biais motivationnels. Quoi qu’il en soit, cela démontre une force sous‑appréciée des introvertis.
Anton Gollwitzer
Gollwitzer a également souligné que ceux qui ont obtenu de bons scores aux tests sur la nature humaine n’ont pas les mêmes compétences et connaissances qu’un professionnel formé. Ils ont été désignés comme psychologues sociaux naturels à la fin de l’étude.
Ces « psychologues sociaux naturels », parce qu’ils comprennent mieux les phénomènes sociaux, pourraient être capables d’interpréter et même de prévoir les changements sociaux dans notre société — peut‑être sont‑ils exactement ce qui manque à notre gouvernance actuelle et aux postes de pouvoir.
Anton Gollwitzer
(Source : Yale University)



