Les lettres de leurs proches se sont avérées être un excellent moyen de renforcer le moral des soldats. Cela était particulièrement vrai pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais comment le service postal a-t-il fait face à la rapidité et comment a-t-il amélioré le stockage et l'expédition du courrier vers le front ?

Le V Mail était un outil essentiel pour renforcer le moral des soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale. L'expédition du courrier ordinaire prenait tellement d'espace que chaque lettre était photographiée et le film était envoyé à la place. Les photos étaient ensuite imprimées à destination.

Le problème du courrier

La déclaration de guerre au Japon a déclenché les plus grands conflits à grande échelle de l'histoire. Des millions d'hommes se sont enrôlés pour rejoindre la Seconde Guerre mondiale, servant les États‑Unis et aidant à remporter des batailles pour les forces alliées. La plupart des hommes ont voyagé vers des territoires inconnus avec des camarades qu'ils ne connaissaient même pas. Et la plupart d'entre eux ont dû faire face au fait qu'ils pourraient ne pas rentrer chez eux. (Source : DDay)

Les forces armées ont rapidement reconnu que le courrier ou les colis de soins offraient aux militaires déployés un regain de moral, leur rappelant leur détermination à accomplir leur mission et l'espoir de rentrer chez eux.

Les bureaux de poste de l'Armée, les bureaux de poste de la flotte et les bureaux de poste américains ont été submergés par le courrier envoyé vers et depuis les soldats du front. On estime à 2,5 million le nombre de lettres et de colis expédiés vers 1945. Le volume considérable du courrier commençait à poser un problème logistique aux forces armées. Son encombrement occupait un espace précieux nécessaire au transport d'autres équipements requis pour la guerre. (Source : National Postal Museum)

Le concept du V Mail

Rapidement, les services postaux américains ont adopté ce que les Britanniques faisaient. L'armée britannique était confrontée au même problème, d'où la création de l'Airgraph. L'Airgraph était un procédé inventé par Eastman Kodak dans les années 1930.

Les lettres étaient rédigées sur des formulaires préfabriqués. Le papier à en-tête standardisé mesurait 8,5 × 11 pouces. Ces formulaires étaient censurés puis numérisés sur un microfilm de 16 mm. Les microfilms étaient ensuite transportés et, dès leur arrivée à destination, les lettres étaient imprimées sur du papier photo et livrées aux destinataires prévus.

Les États‑Unis ont appelé leur version V Mail, abréviation de Victory Mail. Son déploiement s'est avéré plus pratique en temps de guerre. Entre 1 500 et 1 800 lettres V Mail pouvaient tenir dans un rouleau de film de 90 pieds, et un rouleau de film ne pesait que quatre onces.

Pour mettre cela en perspective, la livraison de 2 500 livres de lettres papier nécessitait 37 sacs de courrier, tandis que son équivalent en microfilm ne pesait que 45 livres et un seul sac. Une économie d'environ 98 % du poids et de l'espace de cargaison a permis d'acheminer davantage de fournitures vers le front.

Le passage du courrier ordinaire au V Mail a également découragé toute tentative d'espionnage. Étant donné que des photocopies des lettres étaient envoyées, l'encre invisible et les micro‑points étaient pratiquement inutiles. La probabilité que les lettres se perdent était également réduite au minimum. Chaque lettre était attribuée d'un numéro de série, et des réimpressions étaient possibles si nécessaire. Les lettres étaient également livrées plus rapidement, renforçant le moral des militaires et maintenant la flamme de l'espoir allumée dans leurs foyers. Le service V Mail a fonctionné pendant 41 mois pendant la guerre, avec la création de plusieurs stations. (Source: DDay)