L'expression paradoxe de la préparation est utilisée depuis 1949 dans divers contextes, notamment les systèmes militaires et financiers. Le terme a refait surface concernant la pandémie de Covid-19 et la réponse gouvernementale mondiale. Quel est le concept du paradoxe de la préparation ?
Le “paradoxe de la préparation” affirme que se préparer à un danger, tel qu’une épidémie ou une catastrophe naturelle, peut protéger les personnes de ce danger. Les gens en concluent à tort que la menace n’était pas nocive parce qu’ils n’ont pas observé de conséquences négatives.
Le signal d'alarme de la pandémie
Après l’émergence de la pandémie de COVID-19, une avalanche d’appels et d’initiatives a été lancée pour améliorer la préparation aux pandémies. L’Organisation mondiale de la santé travaille à un accord mondial historique sur la préparation, la réponse et la prévention des pandémies. La Banque mondiale a récemment créé un nouveau fonds pandémique. Et l’action ne s’arrête pas au niveau international. Les pays renforcent également leur préparation aux pandémies.
Aux Pays‑bas, par exemple, le gouvernement a fait de la préparation aux pandémies une priorité dans son accord de coalition, en allouant un budget annuel de 300 millions d’euros à cet effet.
La pandémie de COVID-19 a servi de signal d’alarme, soulignant l’importance cruciale de la préparation aux pandémies. (Source : PM Live)
Paradoxe de la préparation sur le Covid‑19
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence un paradoxe étrange. Les pays avec une forte préparation aux pandémies n’ont pas réussi à prévenir les décès liés à la COVID-19, tandis que les pays en bas du classement de préparation aux pandémies se sont étonnamment bien débrouillés. Le “Paradoxe de la préparation” montre à quel point notre compréhension de la préparation efficace aux crises est limitée. La pandémie de COVID-19 a servi de signal d’alarme, soulignant l’importance cruciale de la préparation aux pandémies.
Les pays qui étaient bien préparés, comme la Belgique et les Pays‑bas, ont enregistré un nombre étonnamment élevé de décès liés à la COVID-19. Les échecs surprenants se trouvent dans le quadrant supérieur droit. En revanche, des pays comme la République tchèque et l’Estonie ont très bien performé. La relation entre préparation et réponse n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît.
Le principal problème est que nous devons nous fier à des hypothèses. Notre connaissance de la façon dont la préparation aux crises influence la réponse aux crises est tout simplement insuffisante. Bien que la préparation et la réponse aient été étudiées en profondeur de manière isolée, beaucoup de choses sur leur relation restent inconnues, comme la pandémie de COVID-19 l’a douloureusement démontré. Cette prise de conscience est particulièrement troublante à la lumière de la turbulence continue à laquelle les gouvernements sont confrontés et des crises qui se profilent, les conséquences de la crise climatique étant en tête de liste.
Le paradoxe de la préparation de la pandémie de COVID-19 montre que renforcer notre compréhension de la relation entre la préparation aux crises et la réponse aux crises devrait être une priorité absolue à l’agenda de recherche si nous voulons investir de manière utile dans l’amélioration de la préparation aux pandémies et nous préparer de façon plus robuste aux crises futures.
Le soutien aux dépenses de préparation aux pandémies devrait diminuer plus rapidement que le nombre de cas, surtout alors que le monde réfléchit à la manière de financer la COVID-19. C’est la situation politique. Nous ne pouvons plus attendre.
Mais cela nécessite un investissement public, et l’écart entre ce qui aurait dû être changé et ce qui a été changé était immense lors de chaque épidémie précédente.
Ce n’est ni impossible ni controversé à réaliser. Le plus grand cadeau que ces années difficiles nous ont offert est la détermination et l’urgence de mieux se préparer à la prochaine pandémie. Avec suffisamment d’investissements, de planification et d’expertise, la prochaine pandémie potentielle pourrait ne pas faire la une des journaux. (Source : PM Live)
Image provenant de Knowledge.Wharton






