De nombreux facteurs poussent une personne à se tourner vers la criminalité. Cela peut être dû à sa situation financière, à son éducation morale, voire à son milieu social. Mais saviez‑vous que l’essence contenant du plomb aurait été considérée comme ayant contribué à pousser un individu à mener une vie criminelle ?

L’hypothèse du plomb‑criminalité affirmait que l’exposition au plomb présent dans tous les objets, comme la peinture domestique et l’essence automobile, pouvait rendre une personne vulnérable à des déficits psychologiques. On croyait que ces déficits incitaient l’individu à commettre des crimes.

L’hypothèse du plomb‑criminalité

Le plomb, un composant chimique utilisé dans de nombreux objets du quotidien, possède une composition chimique similaire à celle du calcium. Le plomb peut traverser la barrière hémato‑encéphalique, et il est scientifiquement prouvé que s’il atteint le cerveau, notamment celui d’un enfant en pleine croissance, il peut causer des dommages importants à cet organe. Il peut également perturber gravement le développement cérébral, entraînant notamment une réduction substantielle du QI et du contrôle de soi. (Source : Manhattan Institute)

Le plomb aurait également pu être le coupable silencieux favorisant le développement des criminels, comme l’a hypothéqué l’analyste économique Rick Nevin. En 1994, alors consultant pour le Département américain du Logement et du Développement urbain, Nevin travaillait sur une analyse financière des réglementations concernant les dangers de la peinture au plomb.

Nevin étudiait les coûts et les bénéfices du retrait de la peinture au plomb des vieilles maisons, alors que des chercheurs établissaient des liens entre l’exposition au plomb chez les enfants et des complications telles qu’un QI plus bas, de l’hyperactivité, des problèmes de comportement et des troubles d’apprentissage.

Après avoir discuté avec un client qui suggérait qu’il pourrait exister une corrélation entre l’exposition au plomb et la criminalité violente, Nevin a poursuivi ses recherches, ce qui l’a conduit à formuler son hypothèse du plomb‑criminalité. (Source : Mother Jones)

L’hypothèse affirme que l’exposition au plomb pendant la petite enfance engendre des problèmes tels que des troubles d’apprentissage, le TDAH et des difficultés de contrôle des impulsions. Cela conduit les individus à commettre des crimes à l’âge adulte, en particulier des crimes violents. (Source : Brookings)

La plus grande source de plomb dans l’environnement

Alors que Nevin poursuivait ses recherches, il découvrit que le plomb présent dans la peinture des vieilles maisons était négligeable comparé à la teneur en plomb de l’essence automobile. Les émissions de plomb provenant des véhicules ont augmenté régulièrement des années 1940 aux années 1970.

Les chercheurs ont tracé la hausse et la baisse du contenu de plomb atmosphérique causées par la hausse et la baisse de la consommation d'essence au plomb. Cela a produit un schéma en U inversé, culminant dans les années soixante‑dix et chutant fortement dans les années quatre‑vingt en raison du Clean Air Act.

Nevin et d’autres chercheurs ont remarqué que les taux de criminalité violente étaient remarquablement similaires au schéma en U inversé de la consommation d’essence au plomb. La seule différence était que le schéma des taux de criminalité était décalé de vingt ans par rapport à la consommation de plomb, ce qui soutient l’hypothèse selon laquelle les enfants exposés à des niveaux élevés de plomb seraient plus susceptibles de commettre des crimes violents.

Nevin a en outre émis l’hypothèse que les taux de criminalité violente sont plus élevés dans les grandes villes que dans les petites villes, et l’explication serait qu’il y avait plus de voitures émettant du plomb dans une petite zone comparée aux villes avec moins de voitures et plus d’espaces ouverts.

Le Clean Air Act a contribué à réduire les taux de criminalité violente à mesure que le contenu en plomb a fortement diminué. Les compagnies pétrolières et gazières ont adopté des matériaux plus respectueux de l’environnement. (Source : Mother Jones)