Les diamants sont l'une des pierres précieuses les plus connues et les plus recherchées. Ils sont utilisés comme pièces décoratives depuis l'Antiquité et, plus récemment, comme forme de monnaie pour des activités illégales. Malheureusement, les diamants sont souvent obtenus par des moyens illicites, mais les gouvernements de différents pays ont mis en place un processus pour tenter d'éliminer leur circulation. Mais cela a-t-il été efficace ?

Le Processus de Kimberley est un processus de certification des diamants afin de garantir qu’il est “conflict-free” et n’est pas considéré comme un diamant de sang. Cependant, le processus était connu pour être inefficace et a ensuite été abandonné.

Qu’est‑ce que le Processus de Kimberley ?

Le Processus de Kimberley (KP) a été créé par cinquante‑quatre participants représentant 82 pays dont le but commun est d’accroître la transparence dans l’industrie du diamant. L’objectif principal du KP est d’éliminer le commerce des diamants de conflit ou bruts, souvent appelés diamants de sang. Les groupes rebelles vendent souvent ces diamants pour financer des combats contre les gouvernements légitimes.

Le KP est devenu opérationnel en 2003 et a contrôlé le commerce des diamants bruts entre les pays participants. Il a mis en place un régime de certification où les échanges avec les non‑participants ne sont pas autorisés. (Source : US Department of State)

Le KP porte le nom de Kimberley, la province du Cap‑Nord en Afrique du Sud. Le processus a débuté en 2000 lorsque des représentants des pays producteurs de diamants d’Afrique australe se sont réunis pour faire face à la menace qui pesait sur l’industrie mondiale du diamant, provenant de diamants extraits illégalement qui entraient dans les circuits légitimes et étaient utilisés pour financer des actes illégaux dans différentes parties du continent.

Les États participants s’engagent à respecter les conditions stipulées par le KP et à ne commercer qu’avec d’autres États qui font de même. Le processus permet également de refuser l’admission ou de retirer un État de la liste des participants s’il est suspecté d’obtenir la pierre précieuse par des moyens illégaux et d’essayer de la commercer ou de la vendre. Un bon exemple est l’expulsion de la République du Congo en 2004. Le comité a découvert que les exportations de diamants de la république dépassaient sa production enregistrée.

Le processus a été abandonné dans les années suivantes parce qu’une fois qu’un diamant de conflit était entré dans la chaîne de traitement et avait été taillé et poli, il était pratiquement identique à n’importe quel autre diamant. Il n’existe aucun moyen pour un expert de déterminer si le diamant est exempt de conflit ou non. (Source : Britannica)

Qu’est‑ce qu’un diamant de sang ?

Les Nations Unies définissent un diamant de sang comme un diamant extrait dans des zones contrôlées par des groupes qui s’opposent au gouvernement légitime et reconnu internationalement du pays concerné. Cette définition a été formulée dans les années quatre‑vingt‑dix, lorsque des guerres civiles brutales étaient apparentes dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest et centrale et sous le contrôle de groupes rebelles.

Trois conflits spécifiques, l’Angola, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone, ont attiré l’attention du monde sur la façon dont les diamants peuvent être utilisés pour financer des guerres. Des insurgés rebelles contrôlaient ces régions, et les diamants extraits dans ces zones étaient généralement vendus à des marchands qui les faisaient passer en contrebande dans les pays voisins, où ils se mêlaient ensuite aux stocks de diamants extraits légalement et vendus sur les marchés légitimes.

Les recettes provenant de la vente des diamants de sang sont ensuite reversées aux groupes rebelles et sont souvent utilisées pour acheter des armes et d’autres matériaux destinés à leurs campagnes violentes contre leurs gouvernements. (Source : Britannica)