De nos jours, nous avons un téléphone, une montre, un agenda et plus encore réunis dans un appareil pratique. Autrefois, les gens prenaient le temps de fouiller leurs poches pour savoir quelle heure il était. Mais quand ont-ils jugé nécessaire d’attacher un dispositif indiquant l’heure à leur poignet ?

La montre est passée de la poche au poignet pendant la Première Guerre mondiale. Les soldats les attachaient à leurs bras pour rester coordonnés lors des attaques et éviter de fouiller leurs poches. Avant cela, la “montre‑bracelet” n’était qu’une mode futile.

Les origines militaires de la montre‑bracelet

L’évolution de la montre de poche a commencé à la fin du XIXe siècle. À cette époque, la montre‑bracelet était un outil militaire stratégique plutôt qu’un accessoire de mode.

Selon certains historiens, l’idée d’attacher de petites horloges au poignet d’un soldat a commencé pendant la guerre des Boers. On raconte également que Napoléon était extrêmement frustré de devoir constamment sortir sa montre de poche pendant la bataille. Mais ce sur quoi plusieurs historiens s’accordent, c’est que la mode de la montre‑bracelet a démarré pendant la Première Guerre mondiale. Un officier de la Marine impériale allemande se plaignait de la difficulté à manipuler une montre de poche lorsqu’ils chronométraient des missions de bombardement avec d’autres membres de l’équipe. On dit que cet officier a montré à ses supérieurs une solution simple à leur problème : attacher sa montre de poche à son poignet. (Source : The New York Times)

Qui a fabriqué la première montre‑bracelet ?

Les femmes ne portaient des montres‑bracelet qu’au XXe siècle. À l’époque, elles étaient destinées uniquement à la décoration plutôt qu’à un outil de mesure du temps. La première montre‑bracelet a été explicitement créée pour la comtesse Koscowicz de Hongrie par Patek Philippe en 1868. La première montre‑bracelet pour hommes a été plus difficile à identifier. Mais selon les récits historiques, le horloger Girard‑Perregaux a fourni des montres‑bracelet à la Marine impériale allemande en 1880. (Source : The New York Times)

L’ascension de Cartier

Louis Cartier, le fondateur de Cartier, a créé la montre emblématique Tank en 1917. Il a déclaré que les chars Renault qu’il a vus en tant que soldat l’ont inspiré. Après plusieurs refontes et réinterprétations, 41 versions de ce design existent dans diverses combinaisons d’or jaune, d’or blanc, d’or rose et d’acier. Les prix d’une montre Cartier Tank commencent à 1 900 $.

On raconte que la montre Tank n’avait pas de nom au départ. Mais quand Cartier a dit qu’il l’a modelée à partir de la vue en plongée du char, le surnom est resté.

Louis Cartier avait une expression selon laquelle une bonne idée est une idée qui donne naissance à l’évolution de quelque chose. Le char, en plus d’être essentiel, est si solide qu’il peut évoluer en volume et en proportion, mais on reconnaît toujours la montre Tank.

Pierre Rainero, Chef du Département Image de Cartier

Il n’a pas fallu longtemps pour que le Tank gagne en popularité. Il a été immédiatement reconnu pour son boîtier rectangulaire unique et ses chiffres romains. Les célébrités dépensaient des fortunes pour acquérir l’une de ces montres emblématiques. En fait, elle a été la favorite de Greta Garbo, John F. Kennedy et la princesse Diana.

Il y a deux façons de voir la montre Tank. C’est un motif de char créé en 1917, lorsque les chars américains et français sont arrivés sur le champ de bataille, mais il a aussi, d’une certaine manière, commencé en 1904 lorsque Cartier a eu l’idée de concevoir une montre pour aider à piloter un avion.

Pierre Rainero, Chef du Département Image de Cartier

(Source : The New York Times)