John Frum est une figure mythique associée aux cultes du cargo sur l’île de Tanna du Vanuatu. Il est fréquemment présenté comme un militaire américain de la Seconde Guerre mondiale qui apportait richesse et prospérité aux gens s’ils le suivaient.
Un culte du cargo est un système de croyance millénariste indigène dans lequel les adeptes exécutent des rituels dans l’espoir qu’une société technologiquement plus avancée délivre des biens. Ces cultes ont été décrits pour la première fois en Mélanésie suite au contact avec les forces militaires alliées pendant la Seconde Guerre mondiale.
Comment le culte du cargo a-t-il commencé ?
Le culte centré sur John Frum a émergé à la fin des années 1930, alors que le Vanuatu était connu sous le nom de Nouvelles‑Hébrides. Bien qu’une affirmation en 1949 indique qu’il aurait commencé dans les années 1910. La pratique religieuse existante dans la région de la baie du Soufre de Tanna, en particulier le culte de Keraperamun, un dieu associé au mont Tukosmera, a influencé le mouvement.
Selon une analyse du culte, il était d’abord connu sous le nom de John Broom, et les adeptes croyaient qu’il reviendrait un jour d’un pays lointain pour balayer les colons blancs et ramener la richesse aux îles. Dans certaines versions de l’histoire, un homme autochtone nommé Manehivi, qui utilisait l’alias John Frum, a commencé à apparaître parmi les habitants de Tanna vêtu d’un manteau de style occidental, leur promettant maisons, vêtements, nourriture et transport.
D’autres croient que John Frum a eu une vision spirituelle induite par le kava. Il serait une manifestation de Keraperamun, ayant prédit le début d’une nouvelle ère où tous les blancs, y compris les missionnaires, quitteraient les Nouvelles‑Hébrides, laissant leurs biens et propriétés aux Mélanésiens autochtones. Pour y parvenir, le peuple de Tanna devait rejeter tous les aspects de la société européenne, y compris l’argent, l’éducation occidentale, le christianisme, le travail dans les plantations de coprah, et revenir au kastom traditionnel. (Source: Religions)
Quelles sont les causes, croyances et pratiques du culte du cargo ?
Les cultes du cargo partagent plusieurs caractéristiques, dont un mythe‑rêve qui est une synthèse d’éléments indigènes et étrangers, l’attente d’aide des ancêtres, des dirigeants charismatiques, et, enfin, la croyance en l’apparition d’une abondance de biens.
Les sociétés indigènes de la Mélanésie étaient généralement caractérisées par un système politique du grand homme où les individus gagnaient du prestige grâce aux échanges de cadeaux. Plus un homme pouvait distribuer de richesse, plus les gens lui étaient redevables, et plus son influence sur eux était grande.
Ceux qui ne pouvaient pas rendre la pareille étaient qualifiés de hommes poubelle. Confrontés à un approvisionnement apparemment sans fin de biens à échanger à cause du colonialisme, les Mélanésiens indigènes ont vécu une domination de valeur. En d’autres termes, ils étaient dominés par d’autres sur le plan de leur système de valeurs, et les interactions avec les étrangers les faisaient se sentir comme des hommes‑poubelle. (Source: Scientific American)
Que s’est-il passé avec le culte du cargo ? Existe-t-il encore aujourd’hui ?
Les cultes du cargo sont toujours vivants et prospères aujourd’hui. Ces cultes ont simplement été relocalisés en Europe de l’Est, où les gens attendent la magie du Marché et du Capitalisme pour leur apporter prospérité et transformer leurs vies avec autant de zèle et si peu de compréhension de la réalité, tout comme les insulaires du navire cargo original. (Source: The Guardian)






