La fosse des Mariannes est connue pour abriter le point le plus profond du monde, le Challenger Deep. Seules deux personnes ont osé affronter son effrayant et sombre abîme, et leur expédition a prouvé que la vie persiste même dans les eaux les plus profondes, ce qui nous pose une question : si les créatures marines peuvent exister dans les zones les plus basses de la fosse des Mariannes, les déchets peuvent-ils les atteindre ? 

Une étude récente publiée en 2019 a révélé que le déchet le plus profond connu est un sac en plastique qui se trouve dans la fosse des Mariannes, à plus de 36 000 pieds sous la surface de l'eau. 

La fosse des Mariannes

Le Challenger Deep, situé dans la fosse des Mariannes, est connu comme le point le plus profond du monde. Seules deux personnes sont allées aux profondeurs du Challenger Deep. 

Sur les cartes, on peut souvent identifier la fosse des Mariannes car elle présente la forme d’une cicatrice en croissant dans la région Pacifique occidental. Elle mesure plus de 2 500 kilomètres de long avec une largeur moyenne de 69 kilomètres. La distance entre les îles Mariannes et la fosse des Mariannes est d’environ 200 kilomètres.

Le Challenger Deep se trouve à 11 kilomètres sous la surface de l’océan. Si l’on plongeait le mont Everest dans le Challenger Deep, son sommet ne serait même pas visible puisqu’il serait à 1,6 kilomètre sous l’eau. La profondeur de la fosse des Mariannes signifie que si vous plongez dans ses eaux, l’obscurité vous enveloppera lentement tandis que la température deviendra de plus en plus froide à chaque instant. De plus, la pression atmosphérique monterait à huit tonnes par pouce carré.

La seule fois où les humains ont osé atteindre le Challenger Deep, c’était en 1960, il y a plus d’un demi‑siècle. Jacques Piccard et le lieutenant de marine Don Walsh ont descendu à bord d’un bathyscaphe de la marine américaine pendant cinq heures. Les deux ne sont restés dans le Challenger Deep que vingt minutes, et durant leur séjour, ils ont découvert que la vie peut survivre dans le Challenger Deep ! (Source : National Geographic

Le sac en plastique plongeant en profondeur

Même avec les conditions surréalistes et presque magiques de la fosse des Mariannes, elle n’échappe pas à la pollution d’origine humaine ! 

Des recherches récemment publiées ont fourni des preuves que les sacs en plastique, ceux le plus couramment utilisés dans les épiceries, détiennent le titre du déchet plastique trouvé dans la partie la plus profonde du monde. Le sac en plastique se trouve à 36 000 pieds sous la surface de l’eau dans la fosse des Mariannes, comme le montre la Base de données des débris des abysses.

La Base de données des débris des abysses, récemment rendue accessible au public, contenait une série de photographies et de vidéos recueillies lors de plus de 5 000 plongées au cours des 30 dernières années. Dans cette base de données, les experts ont remarqué que le déchet le plus abondant parmi les déchets classés était le plastique. Certains débris répertoriés étaient du caoutchouc, du métal, du bois et du tissu. 

89 % des déchets plastiques répertoriés dans la base de données étaient des plastiques à usage unique, notamment des ustensiles en plastique et des bouteilles d’eau. Les images de la Base de données des débris des abysses montraient des tortues marines mangeant des sacs en plastique, des phoques moine tenant des bouteilles en plastique dans la bouche, et d’autres créatures marines consommant du plastique. 

Les animaux marins confondent souvent les morceaux de déchets flottants avec leur source de nourriture. Ces créatures ne se contentent pas de manger les détritus, elles se retrouvent également piégées et enchevêtrées dans les ordures – causant ainsi davantage de dommages à ces animaux ! 

Une autre étude révèle que la fosse des Mariannes présente des niveaux de pollution totaux plus élevés que les rivières les plus polluées de Chine. Le sac en plastique situé au fond de la fosse des Mariannes demeure un rappel au monde de l’ampleur des dommages causés par nos actions négligentes à la planète.  (Source : National Geographic