Le Modèle économique des rasoirs et des lames a été développé et popularisé par le fondateur de Gillette, King Camp Gillette. Il avait une vision claire de la façon dont il voulait que le marché fonctionne pour lui, affirmant qu'il pouvait le manipuler grâce à ce modèle économique. Mais qu’est exactement le modèle des rasoirs et des lames, et comment ce modèle économique a-t-il changé le fonctionnement du marché ?

Le terme “Le modèle économique des rasoirs et des lames” désigne un produit vendu à bas prix ou offert gratuitement afin d’augmenter les ventes d’un produit complémentaire. Les imprimantes à bas coût, par exemple, n’acceptent que des cartouches de recharge coûteuses.

La tactique de tarification intelligente

Le modèle rasoir‑lame est une stratégie de tarification dans laquelle un bien dépendant est vendu à perte ou à coût, et un bien consommable associé génère des profits.

La stratégie de tarification et de marketing, également connue sous le nom de modèle économique des rasoirs et des lames, vise à générer des revenus constants et récurrents en liant un consommateur à une plateforme ou à un outil propriétaire pendant une période prolongée. Elle est fréquemment utilisée avec des biens consommables comme les rasoirs et leurs lames propriétaires.

L’idée est similaire au modèle freemium, dans lequel les produits et services numériques sont proposés. Par exemple, les e‑mails, les jeux ou la messagerie sont offerts gratuitement avec l’attente de gagner de l’argent plus tard grâce à des services améliorés ou des fonctionnalités supplémentaires. (Source : Investopedia

Le modèle économique rasoir‑lame

Si vous avez déjà acheté des rasoirs et des lames de rechange, vous connaissez ce modèle économique. Les poignées de rasoir sont presque gratuites, mais les lames de rechange ne le sont pas. Cette stratégie a été popularisée au début des années 1900 par King Camp Gillette, qui a inventé le rasoir de sûreté jetable et a fondé la société qui porte son nom. Aujourd’hui, Gillette et sa société mère, Procter & Gamble, tirent profit de cette stratégie.

La concurrence est la menace la plus sérieuse pour le modèle économique des rasoirs et des lames. Les entreprises peuvent donc essayer de conserver leur monopole sur les consommables et ainsi leur marge en empêchant les concurrents de vendre des produits qui concurrencent leurs biens durables. Par exemple, les fabricants d’imprimantes informatiques rendront difficile l’utilisation de cartouches d’encre tierces, et les fabricants de rasoirs rendront difficile l’utilisation de recharges de lames génériques moins chères avec leurs rasoirs.

Les entreprises peuvent utiliser les marques déposées, les brevets et les contrats pour étouffer la concurrence suffisamment longtemps pour devenir des leaders du secteur. Keurig est un bon exemple d’entreprise qui a tiré parti de ce modèle en interdisant aux concurrents de vendre des produits complémentaires. Elle détenait un brevet sur les dosettes de café K‑cup jusqu’en 2012, ce qui a généré d’importants bénéfices et fait grimper en flèche le cours de l’action. Après l’expiration du brevet, les concurrents ont inondé le marché avec leur propre version du K‑cup, érodant les bénéfices et la part de marché de Keurig.

Si un concurrent propose un produit consommable comparable à un prix inférieur, les ventes du produit de l’entreprise d’origine en souffrent et sa marge diminue. Gillette a baissé les prix de ses rasoirs et lames en 2018 après des années d’augmentations qui avaient suscité des plaintes selon lesquelles leurs lames étaient trop chères, et en réponse aux clubs basés sur l’abonnement qui proposaient des produits concurrents à un prix plus bas. (Source : Investopedia

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