Sesame Street est une émission télévisée éducative pour enfants aux États-Unis qui combine action réelle, sketchs comiques, animation et marionnettes. Elle a été créée par Joan Ganz Cooney et Lloyd Morrisett et produite par Sesame Workshop. Elle était auparavant connue sous le nom de Children’s Television Workshop jusqu’en juin 2000. Mais saviez‑vous que l’émission a été conçue pour renforcer l’estime de soi des enfants de couleur ?

Sesame Street a été conçue pour renforcer l’estime de soi des enfants afro‑américains. Les producteurs de l’émission ont délibérément intégré une communauté harmonieuse d’Afro‑Américains et les ont représentés sous une image positive.

L’émission multiculturelle

Sesame Street est née de l’agenda Great Society de l’administration Lyndon B. Johnson’s, un ensemble de programmes fédéraux visant à éradiquer la pauvreté et l’injustice raciale. 

Dans le cadre de ces objectifs, Johnson, qui avait auparavant enseigné à des enfants mexicains‑américains pauvres pendant ses études universitaires, a créé le programme Head Start en 1965, visant à rompre le cycle multigénérationnel de la pauvreté grâce à des programmes d’éducation précoce pour les enfants d’âge préscolaire défavorisés.

S’impliquer pleinement, intellectuellement et spirituellement, dans le mouvement des droits civiques et dans le déficit éducatif créé par la pauvreté.

Joan Ganz Cooney, la créatrice de Sesame Street

Peu après, elle s’est associée à un ami, psychologue et cadre de la Carnegie Corporation, Lloyd Morrisett, qui cherchait à financer un modèle d’éducation préscolaire pouvant atteindre de nombreux enfants des centres‑villes. 

Morrisett a pu obtenir un financement supplémentaire du secteur privé et du gouvernement fédéral, et le Children’s Television Workshop (CTW), qui produirait Sesame Street et une autre programmation éducative très appréciée, est né.

Le CTW, rebaptisé Sesame Workshop en 2000, était plus qu’une simple société de production pour scénaristes, réalisateurs et producteurs. Un panel d’experts en éducation, développement de l’enfant, psychologie, médecine, sciences sociales, arts et publicité conseillait Cooney et son équipe dans leur travail, qui privilégiait l’inclusion des perspectives noires.

Dans un portrait d’ Ebony de janvier 1970 consacré à Sesame Street, Cooney était entourée d’un groupe de femmes afro‑américaines, dont la responsable du Head Start de Seattle et la directrice d’une école maternelle de New York. Chester Pierce, psychiatre afro‑américain et professeur à Harvard, a aidé à concevoir le curriculum caché de l’émission pour augmenter l’estime de soi des enfants noirs en présentant des images positives de Noirs.

Pierce a également insisté pour que l’émission représente une communauté intégrée et harmonieuse afin de contester la marginalisation des Afro‑Américains que les enfants voyaient à la télévision et ailleurs dans la société. (Source: Smithsonian Magazine

Comment Harlem a-t-il influencé l’émission ?

La membre du casting de Sesame Street, Loretta Long, qui a interprété Susan depuis le début de l’émission jusqu’à aujourd’hui, a consacré un chapitre entier de sa thèse de doctorat au programme de Pierce, qui comprenait le fait de situer l’émission dans un quartier urbain avec de vieux brownstones et de nombreuses poubelles. Les producteurs ont estimé qu’un tel décor aiderait l’enfant de la ville à s’identifier davantage aux membres du casting en tant que voisins.

Selon le producteur Jon Stone, la conception du décor de l’émission s’inspirait d’une campagne d’annonces de service public de 1968 incitant les résidents de New York à se soucier des enfants vivant dans les zones délabrées de Harlem. Dans une interview pour le livre définitif de Michael Davis sur l’histoire de l’émission.

Pour un enfant d’âge préscolaire à Harlem, la rue est le lieu de l’action… Notre décor devait être une rue du centre‑ville, et plus particulièrement un brownstone afin que le casting et les enfants puissent s’accroupir dans la vieille tradition new‑yorkaise.

Michael Davis, auteur de Street Gang Stone

(Source: Smithsonian Magazine)