Les reliques religieuses ont toujours été une partie intégrante du christianisme. Dans les temps anciens, les chrétiens conservaient les corps ou les parties du corps de saints ou de personnes saintes et les utilisaient comme symboles de leur foi. Lorsque les reliques étaient détruites, les églises trouvaient généralement des moyens de les remplacer. Mais saviez‑vous qu’il fut un temps où ils utilisèrent les os de personnes inconnues pour recréer ces reliques ?
Les saints des catacombes sont essentiellement des reliques de remplacement. Des squelettes exhumés des catacombes romaines étaient décorés d’or et de bijoux. Ils furent créés après que les protestants eurent détruit les vestiges originaux des corps préservés des saints chrétiens.
Que sont les saints des catacombes ?
Entre 1522 et 1566, les églises catholiques subirent de nombreuses attaques qui faisaient partie de la Réforme protestante. Ces attaques, connues sous le nom de Grande Iconoclasme, furent menées par des protestants calvinistes tumultueux, dont le but principal était de détruire les reliques catholiques et les symboles liés à leur foi, les jugeant idolâtres. (Source : Ancient Origins)
De nombreux retables, monuments, croix et reliques furent détruits, y compris les corps préservés des saints. Mais lors d’une session du Concile de Trente en 1563, les catholiques soutinrent que les reliques étaient essentielles à leur foi. De nombreux catholiques décidèrent alors de remplacer les reliques sacrées qu’ils avaient perdues. Cependant, leur plus grand défi était de savoir où trouver des saints morts. (Source : Amusing Planet)
La réponse à leur défi vint des travailleurs locaux des vignobles à Rome. En travaillant la terre le 31 mai 1578, les ouvriers découvrirent un passage menant à un réseau complexe de catacombes oubliées depuis longtemps sous la Via Salaria. Ils constatèrent qu’il s’agissait du Coemeterium Jordanorum, ou Cimetière de Jordan. Celui‑ci et les catacombes qui l’entouraient étaient des sites d’inhumation de premiers chrétiens, datant du Ier au Ve siècle après J‑C.
L’Église catholique découvrit alors que les catacombes contenaient les restes d’environ 750 000 premiers chrétiens, juifs et même Romains païens. Elle savait également que les païens préféraient la crémation tandis que les premiers chrétiens souhaitaient être enterrés. L’Église en conclut que la plupart des restes devaient appartenir à des chrétiens.
Les restes que l’Église croyait appartenir à des martyrs chrétiens furent utilisés pour restaurer les reliques perdues lors de la Réforme. Ils furent appelés Katakombenheiligen, terme allemand désignant les saints des catacombes. Le Vatican déduisit que les os provenaient de martyrs si une lettre majuscule M était trouvée dans les pierres qui les entouraient. Ces restes furent alors exhumés et préparés pour devenir des reliques. (Source : Dirty, Sexy History)
Comment ces restes ont-ils été transformés en reliques ?
Avant que les restes ne soient expédiés aux églises qui les attendent, des religieuses et des moines qualifiés étaient connus pour être responsables de leur préparation. Les restes étaient envoyés à différents couvents où ils étaient travaillés, et le travail dure généralement environ trois ans, selon Paul Koudounaris, historien de l'art et auteur.
Les restes étaient nettoyés de la saleté et des taches de sang, puis décorés. Les religieuses fabriquaient une fine gaze en maillage et l'utilisaient pour envelopper les os afin de les protéger et comme support sur lequel elles fixaient de l'or, des gemmes ou d'autres objets pour un tissu luxueux. La plupart des matériaux étaient offerts par les nobles locaux.
Certaines religieuses créaient des visages en cire complets pour couvrir le crâne osseux nu afin de le rendre plus attrayant. Koudounaris a également noté dans son livre que la plupart des artistes qui créaient les saints des catacombes étaient anonymes. Aucun registre écrit n'a été trouvé indiquant qui avait réalisé ces chefs-d'œuvre, et dans cet esprit, l'auteur a dédié son livre à ces mains anonymes afin que leur beau travail ne soit pas oublié. (Source : Smithsonian Magazine)


