
Bien que mon modèle à cinq phases soit basé sur des théories et des compétences fondamentales en counseling, je le propose ici comme un guide pour les clients en counseling qui ont vécu une agression sexuelle.
Le temps passé dans cette phase varie généralement d'une à trois séances selon l'historique de traumatisme du client, sa présentation et son confort avec la thérapie, ainsi que l'évaluation des besoins fondamentaux du client.
Pour favoriser un environnement qui semble soutenant et sécuritaire, j'utilise le propre langage du client, me concentre sur des reflets appropriés et précis, et permets au client d'exprimer ses émotions sans trop d'intervention de ma part.
Je complète l'évaluation afin de me concentrer davantage sur l'historique lié au traumatisme, à la fois spécifique au traumatisme sexuel et au traumatisme complexe (toutes les incidences antérieures liées au traumatisme qu'un client identifie comme ayant vécues).
Cette focalisation aide à mesurer la résilience du client, à comprendre son seuil de stress et à prendre conscience des éventuels schémas cognitifs inadaptés que le client pourrait posséder en lien avec des situations ou traumatismes actuels.
La phase 1 comprend également un volet psychoéducatif qui aide à renforcer la confiance du client dans la poursuite et le maintien des services de thérapie.
Après avoir terminé l'évaluation psychosociale, je classe l'évaluation dans le dossier du client pour la consulter plus tard dans le processus thérapeutique et je fournis au client du matériel lié au traumatisme concernant les réponses normatives qui peuvent survenir dans toutes les dimensions du fonctionnement du client (cognitif, émotionnel, physique, mental, social, etc.). À ce moment‑là, je guide le client à travers une liste de contrôle des symptômes du traumatisme qui comprend des questions liées aux émotions, aux comportements et aux cognitions.
Dans la phase 2, j'encourage les clients à faire une pause dans notre focalisation immédiate sur le traumatisme sexuel et à explorer plutôt leurs forces perçues.
Cette phase s'écarte légèrement des autres thérapies centrées sur le traumatisme en offrant aux clients du temps dédié à une exploration intrapersonnelle distincte de leur traumatisme.
J'explique souvent, pendant cette phase, la différence entre empathie et sympathie afin d'aider les clients à identifier laquelle leur a semblé la plus soutenante et à quel moment.
Dans cette phase, j'encourage les clients à développer une vision plus positive d'eux‑mêmes, à renforcer leur confiance en soi et à chercher le soutien de personnes capables de le leur offrir.
Dans la phase 3, j'explore le traitement cognitif des clients.
Au cours de cette phase, je me réfère à l'évaluation initiale (récit initial du traumatisme récent) et travaille avec les clients pour identifier la manière dont ils racontent leur histoire et décrivent leur fonctionnement actuel.
L'espoir est que les clients reconnaissent alors le potentiel de leurs systèmes de soutien et, en intégrant la confiance en soi accrue de la phase précédente, se sentent à l'aise pour solliciter et obtenir un soutien plus efficace et efficient de la part de leurs amis et membres de la famille.
Je sépare délibérément cela de la phase cognitive et la place après celle‑ci, car j'ai constaté que des réponses émotionnelles résiduelles et intenses l'emportent souvent sur la capacité des clients à rationaliser ou à s'auto‑apaiser.
Les clients présentant un traumatisme complexe ou un manque de stratégies d'adaptation efficaces signalent souvent un engourdissement, un sentiment de déconnexion de leur corps, des réponses anxieuses intenses et apparemment incontrôlables, ainsi que des comportements d'automutilation ou d'automédication sous diverses formes.
Dans cette phase, j'utilise principalement des interventions basées sur la Gestalt pour aider les clients à mieux comprendre la communication corps‑esprit en lien avec la réponse émotionnelle.
Je demande aux clients de me guider à travers un épisode récent lié au traumatisme, en les invitant à se concentrer sur ce qu'ils ont ressenti physiquement versus émotionnellement ou cognitivement.
C'est à ce stade du processus thérapeutique que les clients affichent et rapportent eux‑mêmes des réponses émotionnelles et cognitives plus stables face au stress ainsi qu'une utilisation plus efficace de stratégies d'adaptation saines.
Ces mêmes clients ont engagé un travail sur le traumatisme plus tôt dans le processus thérapeutique que nos clients traités sans le modèle à cinq phases.
Les principes de ce modèle incluent des compétences d'évaluation efficaces, une attention portée à l'historique du client et au traumatisme complexe, l'autonomisation et l'encouragement des clients, une approche empathique basée sur les forces et l'intégration de la TCC/TREC ainsi que d'interventions basées sur la Gestalt.
Source : Accompagner les survivants d'agressions sexuelles