Les toiles d’araignées existent depuis au moins 100 millions d’années, comme le montre une découverte rare d’ambre du Crétacé inférieur provenant du Sussex, en Angleterre. De nombreuses araignées tissent des toiles spécifiquement pour piéger et manger des insectes. Mais saviez‑vous que toutes les araignées ne rendent pas leur toile collante ?

Les araignées qui tissent des toiles ne les rendent pas toutes collantes. L’une de leurs nombreuses stratégies consiste à tisser une fine grille soyeuse qui enchevêtre leurs proies.

Comment les araignées produisent‑elles des toiles ?

Les filières sont des structures situées sur l’abdomen des araignées, généralement sur la face inférieure vers l’arrière. Ce sont les organes qui filent la soie. Le nombre de filières varie selon les espèces, mais la plupart possèdent un groupe.

Chaque filière possède un ensemble de broches, qui sont des structures en forme de buse. Chacune d’elles émet un seul fil de soie.

Bien qu’elle ressemble un peu à une buse à glaçage, la soie est tirée par la gravité ou par la patte arrière de l’araignée. La soie est liquide lorsqu’elle se trouve à l’intérieur de l’araignée.

Jan Beccaloni, National History Museum, Arachnid Curator

Avant d’être extrudée par la filière, la soie cribellate traverse une structure en forme de tamis appelée le cribellum. Les araignées qui produisent ce type de soie possèdent une rangée de soies spécialisées sur les pattes, appelées le calamistrum, qui peignent la soie et lui donnent une texture laineuse.

Les araignées suivent ensuite différents schémas d’activité pour construire leurs toiles, selon l’espèce. (Source : National History Museum)

Toutes les araignées ne sont pas identiques

Bien que les toiles soient l’application la plus connue de la soie d’araignée, toutes les araignées ne tissent pas de toiles pour attraper des proies. En fait, moins de la moitié des 37 familles d’araignées de Grande‑Bretagne le font.

D’autres araignées, comme les araignées crabes de la famille des Thomisidae, sont des prédateurs « attendre et saisir », comme Misumena vatia, qui se tapit sur les têtes de fleurs, attendant d’attaquer les insectes de passage. D’autres, comme les araignées sauteuses des Saltidae, poursuivent activement leurs proies et les attrapent en leur sautant dessus.

Les araignées qui ne tissent pas de toiles utilisent la soie pour construire des plateformes de mue, des toiles de sperme pour les mâles et des refuges.

Les araignées sauteuses, par exemple, fabriquent de petites cellules de soie dans lesquelles se cacher pendant la journée – un peu comme un sac de couchage.

Jan Beccaloni, National History Museum, Arachnid Curator

(Source : National History Museum)

Comment les araignées protègent‑elles leurs œufs ?

La soie est également couramment utilisée comme ligne de traînée. Une araignée attache parfois un fil de soie à quelque chose, comme une ancre, afin que si elle tombe, elle ne tombe pas trop loin et puisse se remonter à la position précédente.

Une autre application spectaculaire de la soie est le ballonage, qui permet la dispersion massive des jeunes araignées et des petits adultes.

Après avoir atteint une altitude relativement élevée, l'araignée étend son abdomen et fait sortir un à plusieurs fils. Elle suit les lignes qui sont portées vers le haut par l'air ou les courants électrostatiques. Elles peuvent parcourir des milliers de mètres.

Les dispersions massives d'araignées argentées, en particulier, sont un spectacle à voir. Le nombre d'individus impliqués peut parfois couvrir tout un champ de fils diaphanes.

Toutes les araignées ne se dispersent pas de cette façon, mais c’est la raison pour laquelle les araignées sont parmi les premières créatures à coloniser de nouvelles îles.

Jan Beccaloni, Musée d'Histoire Naturelle, Conservateur des arachnides

(Source : Musée d'Histoire Naturelle)