Le Lockheed SR-71 ou Blackbird est un avion de reconnaissance stratégique à longue portée, haute altitude, Mach 3+ qui a été fabriqué par la Lockheed Corporation et est exploité à la fois par l'United States Airforce et la NASA. Mais saviez‑vous ce qui est arrivé à l’avion en 1987 ?
Malgré l'urgence, le SR‑71 a pu atterrir à Nordholz, en ancienne Allemagne de l'Ouest. Quatre pilotes de l'Armée de l'air suédoise ont reçu des Médaille aériennes américaines à Stockholm le 28 novembre 2018, honorant leurs actions d'il y a plus de 31 ans.
Un épisode intéressant de la guerre froide valant quatre médailles
Dans les années 1980, les États‑Unis effectuaient des missions de reconnaissance régulières Baltic Express sur les eaux internationales de la mer de Barents et de la mer Baltique, en utilisant des avions SR‑71 Blackbird. Au cours de l’une de ces missions, le 29 juin 1987, un Blackbird décollé de la RAF Mildenhall, au Royaume‑Uni, piloté par le lieutenant‑colonel retraité Duane Noll et Tom Veltri, a rencontré une grave urgence en vol.
Le moteur droit de l’avion a explosé alors qu’il suivait une trajectoire vers le nord à 75 000 pieds et Mach 3,0. Pour gérer l’urgence, l’équipage s’est immédiatement dirigé vers la Suède et a entamé une descente rapide. Le Blackbird a violé l’espace aérien suédois en s’approchant de l’île de Gotland à 25 000 pieds, déclenchant une réaction de l’Armée de l’air suédoise.
Le radar de défense aérienne qui suivait l’avion a demandé que deux jets Saab JA 37 Viggen de la base F 13 Norrköping, déjà en vol pour une autre mission, interceptent l’intrus et effectuent une VID (Identification Visuelle).
Nous menions un exercice d’opération de routine en temps de paix. Notre contrôleur de chasseurs m’a alors demandé si j’étais capable d’intercepter et d’identifier une cible précise. Il l’aurait indiqué si ce n’était pas un SR‑71, alors j’ai supposé que c’en était un. Mais je n’ai pas réalisé à ce moment‑là qu’il s’agissait du Blackbird.
Major Roger Moller, Pilote Viggen de l'Armée de l'air suédoise
Comment l'Armée de l'air suédoise a‑t‑elle pu intervenir ?
Les deux Viggens suédois ont intercepté le SR‑71 à environ 70 kilomètres à l’est des océans du sud du pays.
Moller et son ailier le major Krister Sjöberg ont suivi le Blackbird à une distance d’environ 30 mètres pendant environ cinq minutes. De ce point de vue, ils ont pu constater que le Blackbird était propulsé par un seul moteur portant le numéro d’immatriculation 117964.
Entre-temps, le F10 avait mobilisé une deuxième paire de Viggens à Ängelholm, où le F 6 était temporairement déployé, pour soulager la première paire, qui allait bientôt manquer de carburant. Ils ont eu un contact visuel avec le Blackbird et les autres Viggens à environ 70 kilomètres à l’est de Bornholm, dans l’espace aérien international, et étaient pilotés par le colonel Lars‑Erik Blad et le lieutenant Bo Ignell. Avec l’arrivée de la deuxième paire d’AJ 37, la première a pu rentrer à la maison.
Nous avons remarqué que l’avion volait à basse altitude et décélérait constamment. Mon ailier restait à leur droite.
Colonel Lars‑Erik Blad, Force aérienne suédoise
Avec le code transpondeur réglé sur 7700 (le code ICAO pour une urgence), le SR‑71 a continué à perdre de l’altitude au point où les pilotes suédois n’étaient pas sûrs que l’avion s’écraserait ou qu’ils devraient s’éjecter. Ils ont continué à escorter l’avion espion américain, qui était extrêmement vulnérable à basse vitesse et altitude.
Nous n’avions aucune idée de qui nous croiserait en premier. La vue de l’avion suédois nous escortant était euphorique. Je suis certain que la présence suédoise signifiait que les autres intercepteurs étaient à une distance sûre et ne pouvaient pas venir nous intercepter.
Tom Veltri, pilote du SR‑71
Le SR‑71 a été escorté par les Suédois jusqu’à ce qu’il entre dans l’espace aérien danois. Malgré l’urgence, le SR‑71 a pu atterrir à Nordholz, dans l’ancienne Allemagne de l’Ouest. (Source : The Aviationist)





