Le rôle d’un individu au sein du Comité olympique d’un pays est d’apporter son soutien, de superviser, de suivre le développement et de promouvoir le Mouvement olympique dans leurs pays respectifs. Mais saviez‑vous ce qui s’est passé avec la gestion épouvantable du Comité olympique irakien en 1984 ?
Le fils de Saddam Hussein, Uday Hussein, a été nommé président du Comité olympique irakien en 1984. Les athlètes qui ne performaient pas selon ses critères étaient soumis à la torture et à l’emprisonnement.
Qui est Uday Hussein ?
Uday Saddam Hussein est né le 18 juin 1964 à Bagdad alors que son père, Saddam Hussein, était en prison. Alors qu’il était bébé, des membres du parti Baas cachaient des messages secrets dans ses couches lorsque lui et sa mère, Sajidah, rendaient visite à son père en prison.
Hussein a commencé ses études universitaires à la Faculté de médecine de l’Université de Bagdad. Il n’y est resté que trois jours avant de se transférer à la Faculté d’ingénierie peu après. Il a obtenu un diplôme de licence en ingénierie. Il a rédigé son mémoire de master sur la Stratégie militaire irakienne pendant la guerre Iran‑Irak de huit ans. Il a finalement obtenu son doctorat en sciences politiques en 1998 avec une thèse sur le monde après la guerre froide. Il a prédit que les États‑Unis ne seraient plus une puissance mondiale d’ici 2015. Sa carrière académique a suscité des controverses. Certains affirment que d’autres rédigeaient ses travaux en échange d’argent ou de cadeaux coûteux, et que les professeurs ne lui attribuaient pas de mauvaise note par peur. En fait, un de ses camarades de classe a déclaré qu’il était brillant mais fou. (Source : The Guardian)
Uday Hussein au sein du Comité olympique irakien
Hussein a été nommé président du Comité olympique irakien et de l’Association de football d’Irak en 1984. En tant que président, il torturait les athlètes qui ne performaient pas bien et qui échouaient à gagner des matchs.
Raed Ahmed, athlète irakienPendant l’entraînement, il observait tous les athlètes de près, mettait la pression sur les entraîneurs pour qu’ils poussent les athlètes encore plus. S’il n’était pas satisfait des résultats, il faisait enfermer les entraîneurs et les athlètes dans sa prison privée située dans le bâtiment du Comité olympique. La punition était la prison privée d’Uday où ils torturaient les gens. Certains athlètes, y compris les meilleurs, ont commencé à abandonner le sport dès qu’Uday a pris le contrôle du Comité. J’ai toujours réussi à ne pas être puni. Je m’assurais de ne rien promettre. Il y a une forte probabilité d’être constamment battu. Mais quand je gagnais, Uday était très heureux.
L’un des footballeurs les plus célèbres d’Irak, Ahmed Radhi, a décidé de ne pas rejoindre le nouveau club de football, Al‑Rasheed. Il a été kidnappé à minuit par les hommes de Hussein et battu. Il a également été accusé de harcèlement et d’autres crimes. Il a finalement accepté l’offre à cause des menaces de mort de la part de Hussein.
Uday a créé l’équipe Rashid et a contraint les meilleurs joueurs irakiens à y jouer, m’obligeant à quitter mon équipe bien-aimée, et il nous a honorés de cadeaux après chaque victoire, mais il nous a aussi punis après chaque défaite.
Saad Qais, footballeur irakien
Le mot qui le définit est sadique. Je pense que Saddam Hussein était plus humain qu’Uday. Le Comité Olympique n’était pas un centre sportif, c’était le monde d’Uday.
Latif Yahia, sosie de corps d’Uday Hussein
(Source : The Atlantic : Contes du tyran)






