L’article O du Traité de l’Union européenne précise la seule condition matérielle du demandeur : qu’il s’agisse d’un État européen. Ce critère n’a pas d’interprétation sans ambiguïté. Il peut être interprété en termes de géographie, de culture ou de politique. Mais le Maroc aura-t-il une chance de faire partie de l’Union européenne ?
Le Maroc a demandé à rejoindre les Communautés européennes en 1987, qui étaient le précurseur de l’Union européenne. La demande a été refusée parce que le Maroc n’est pas considéré comme un « pays européen » et n’était pas éligible à l’adhésion.
La relation UE‑Maroc est compliquée
L’Union européenne et le Maroc ont une longue histoire de coopération. Cette relation s’est avérée bénéfique pour les deux parties, plusieurs accords politiques et commerciaux la soutenant. Le chemin n’a jamais été facile.
Malgré les bénéfices mutuels, les deux ont toujours entretenu une relation tumultueuse, avec divers motifs potentiels de conflit. La cause de ces querelles semble difficile à comprendre. Pourquoi les deux partenaires ne parviennent-ils pas à développer et à maintenir une relation pacifique, malgré les avantages apparents ?
Tout d’abord, la nature inégale du partenariat. Le principal partenaire économique du Maroc et l’un de ses plus proches alliés politiques est l’UE ; pour un pays africain, le Maroc est plus lié aux partenaires occidentaux qu’à ses voisins du Moyen‑Orient, d’Afrique du Nord et du reste de l’Afrique. Cependant, l’UE n’est pas dans la même situation. Malgré l’intérêt du gouvernement pour le voisinage du Sud, les ambitions pour la région ont toujours été modestes. Le Maroc a été incité à explorer d’autres voies pour tenter d’influencer l’UE à sa volonté en raison de sa condition actuelle, qui ne lui laisse aucun levier économique.
La question de la République arabe sahraouie démocratique, souvent appelée Sahara occidental, est la deuxième et peut‑être la plus importante. Le Sahara occidental était une colonie espagnole. Cependant, les accords de Madrid de 1975 ont donné le contrôle du territoire au Maroc et à la Mauritanie. La Mauritanie a ensuite abandonné sa revendication sur la région, et le Maroc a pris l’autorité administrative complète. Néanmoins, cela a été fait en violation du droit international, et l’ONU a déclaré l’accord nul et non avenant en vertu de l’article 73 de la Charte des Nations Unies. (Source : European Student Think Tank)
La Charte des Nations Unies, article 73
Les Nations Unies ont déclaré nul l’accord en vertu de l’article 73 qui stipule que :
Les membres des Nations Unies qui ont ou assument des responsabilités pour l'administration de territoires dont les peuples n'ont pas encore atteint une pleine mesure d'autonomie reconnaissent le principe selon lequel les intérêts des habitants de ces territoires sont primordiaux et acceptent, comme un mandat sacré, l'obligation de promouvoir au maximum, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte, le bien‑être des habitants de ces territoires.
Les Nations Unies, article 73
(Source : European Student Think Tank)
Le Royaume du Maroc
Le Maroc est un pays au riche passé. Il peut être vu depuis la côte espagnole par temps clair, qui a longtemps résisté aux invasions extérieures tout en servant de carrefour aux civilisations européennes, orientales et africaines. De nombreux Imazighen qui y vivaient s'étaient convertis au christianisme ou au judaïsme, introduits pendant une brève période d'autorité romaine. Les envahisseurs arabes venus de l'Est ont apporté l'islam aux Imazighen, qui l'ont progressivement accepté. Aux XIIe et XIIIe siècles, la dynastie almohade, doctrinalement stricte, a triomphé de nombreuses tendances sectaires, permettant à l'islam sunnite de l'emporter sur divers mouvements sectaires. (Source : Britannica)



