Les vendeurs développent souvent différentes tactiques et astuces pour conclure une vente. Certaines sont courantes, d’autres sont créatives, tandis que d’autres sont carrément trompeuses. Ces méthodes étaient plus courantes au Moyen Âge pour le commerce de chevaux. Saviez‑vous que les anguilles étaient autrefois un outil utilisé par ces marchands de chevaux ?

Au Moyen Âge, les marchands de chevaux rusés feraient n’importe quoi pour vendre des chevaux plus âgés. L’une de leurs astuces s’appelle le feaguing, où une anguille vivante était placée dans le rectum du cheval. Cela faisait paraître le cheval plus vif, portant bien sa queue.

L’origine du feaguing

Le livre publié par Francis Grose, le 1811 Dictionary in the Vulgar Tongue, était une compilation d’argot bouffon, d’esprit universitaire et d’éloquence de pickpocket. Il contenait des mots vulgaires et leurs définitions et était écrit pour être carrément hilarant. Sa diffusion était confinée presque exclusivement aux ordres inférieurs de la société. (Source : RJ Julia)

L’un des mots vulgaires publiés dans le livre est le terme feague. Le mot se trouve dans la section Race terms. Feague est défini comme le fait de fourrer du gingembre ou une anguille dans le cul d’un cheval pour le rendre plus vif et faire porter sa queue correctement. (Source : Joanna Waugh)

À l’époque, le feaguing était une pratique largement répandue parmi les éleveurs et commerçants de chevaux. La méthode était si populaire qu’un serviteur de marchand de chevaux encourait une amende s’il tentait de présenter un cheval sans le feaguing au préalable.

À cette époque, les marchands de chevaux souhaitaient que leurs chevaux paraissent aussi vigoureux et énergiques que possible, afin d’obtenir un meilleur prix malgré le fait qu’il s’agisse d’un cheval vieux et délabré. (Source : Haggard Hawks)

Avant les années 1800, le feaguing était généralement réalisé avec une anguille vivante, souvent mentionnée dans des poèmes écrits au XVIIIe siècle. Dans son poème de 1700 A Song Upon Dancing, le poète humoristique Edward Ward écrit que les danseurs sautillent avec une force agile, comme des anguilles dans le ventre d’un cheval, que les jockeys utilisent chaque jour de marché. Dans la publication de Grose, les anguilles furent rapidement remplacées par du gingembre. (Source : Historiacartum)

Pourquoi ont‑ils utilisé du gingembre à la place ?

Dans le monde d’aujourd’hui, la méthode est toujours pratiquée. Mais au lieu de placer une anguille, les commerçants préfèrent mettre un gros morceau de gingembre dans le fondement du cheval. Un produit pâteux appelé Gingerol est utilisé. La pratique vise à faire porter la queue du cheval haut, au lieu de l’objectif du siècle précédent qui était de faire paraître le cheval jeune et énergique. (Source : Definitions)

Cette pratique est en fait considérée comme illégale dans presque toutes les organisations sanctionnant les concours hippiques, car elle est jugée comme un acte de cruauté dans toute communauté civilisée. Un brossage au gingembre aléatoire est réalisé lors des concours hippiques pour s'assurer que la pratique n'est pas commise pendant les épreuves.

Certains éleveurs de chevaux utilisent différents irritants tels que le poivre de Cayenne, la térébenthine, l'iode mercurique et même le kérosène. Ceux-ci peuvent entraîner de graves lésions tissulaires autour de la zone périnéale des chevaux. (Source : Equisearch)

Qu’est‑ce que le Bishoping ?

Un autre truc cruel utilisé par les marchands de chevaux s’appelle le Bishoping. Il a été nommé d’après un vendeur de chevaux véreux, M. Bishop. Cet acte de cruauté envers les chevaux consiste à limer leurs dents. Comme les dents des chevaux poussent continuellement, constituant un signe de l’âge du cheval, le bishoping fera paraître même les vieux chevaux jeunes. (Source : Haggard Hawks)