Les soupes populaires sont apparues aux États-Unis vers 1929, alors que les effets d’une dépression croissante devenaient apparents. Lorsque l’économie a plongé dans le chaos en 1932, 12 millions d’Américains, soit environ 25 % de la main‑d’œuvre moyenne, étaient au chômage, et le besoin de soupes populaires est devenu encore plus aigu. Mais saviez‑vous qui a été la première personne à ouvrir une soupe populaire pendant la Grande Dépression ?

Pendant la Grande Dépression, Al Capone a été la première personne à ouvrir une soupe populaire pour nourrir les pauvres. À une époque où le chômage était à 25 %, les cuisines de Capone servaient trois repas par jour afin de garantir que tous ceux qui avaient perdu un emploi puissent manger. Bientôt, chaque ville et chaque village disposait d’une soupe populaire.

Al Capone, le mafieux philanthrope

Quatre ans après avoir pris le contrôle du principal syndicat criminel de Chicago, le gangster Al Capone avait amassé plus de 40 millions de dollars, soit environ 550 millions de dollars aujourd’hui. Pendant la Prohibition, cet argent provenait de la vente illégale d’alcool ; des bouteilles étaient distribuées à plus de 10 000 speakeasies et bordels dans un vaste réseau de contrebande à travers le Midwest.

La distribution d’alcool de Capone était illégale, mais de nombreux Américains le considéraient comme un héros. Il prétendait n’être qu’un homme d’affaires offrant aux gens ce qu’ils désiraient, et ils voulaient de l’alcool plus que tout dans les années 1920.

Cependant, le rôle de Capone en tant que Robin des Bois italo‑américain ne s’est pas arrêté là. Tout en orchestrant des activités criminelles en coulisses, Capone a lancé un programme pour fournir du lait aux écoliers de Chicago et a fait de grosses donations aux œuvres caritatives locales.

Cependant, le krach boursier du 29 octobre 1929 a incité Capone à réaliser son plus grand acte charitable. L’économie américaine s’est effondrée dans la Grande Dépression presque du jour au lendemain. Les banques ont fait faillite, les entreprises ont fermé, et des millions de personnes se sont retrouvées au chômage et affamées. Des centaines de soupes populaires ont surgi à travers le pays. Al Capone en possédait une. (Source : Mental Floss)

La soupe populaire de la mafia

Lorsque la soupe populaire d’Al Capone a ouvert ses portes à la mi‑novembre 1930 au 935 South State Street, dans le quartier South Loop de Chicago, des centaines de milliers de Chicagoans étaient au chômage. L’année suivante, 624 000 personnes, soit la moitié de la main‑d’œuvre de Chicago, étaient sans emploi.

La charité de Capone n’avait pas de nom ; elle affichait simplement Soupe gratuite, café et beignets pour les chômeurs. À l’intérieur, des femmes en tabliers blancs servaient en moyenne 2 200 personnes chaque jour avec le sourire et sans poser de questions.

Les efforts de Capone pour nourrir Chicago pendant la Grande Dépression n’étaient pas entièrement désintéressés. C’était l’idée de son ami et allié politique, Daniel Serritella, élu au sénat de l’Illinois en 1930. Capone n’a pas non plus investi beaucoup de son propre argent dans l’opération. Au lieu de cela, il a soudoyé et extorqué d’autres entreprises pour approvisionner le garde‑manger, selon Deirdre Bair dans Capone : His Life, Legacy, and Legend.

Dans un cas, lors du procès de Serritella en 1932 pour complot avec des épiciers afin d’escroquer les clients, le tribunal a découvert qu’une cargaison de canards destinée aux paniers de Noël pour les pauvres avait fini dans la soupe populaire de Capone.

Peut‑être plus que tout, Capone a ouvert sa soupe populaire pour regagner le soutien du public après avoir été impliqué dans le massacre de la Saint‑Valentin 1929. On pensait que les associés de Capone avaient assassiné sept hommes, dont cinq membres de la bande rivale du North Side, à l’intérieur d’un garage de Chicago lors de cette vague de meurtres, bien que personne n’ait jamais été poursuivi. Mary Borden, écrivaine pour Harper’s, a résumé la duplicité de Capone en le décrivant comme un géant ambidextre qui tue d’une main et nourrit de l’autre. (Source : Mental Floss

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