Les prix Nobel sont décernés en physique, chimie, physiologie ou médecine, littérature et paix. Les prix Nobel sont généralement les plus hautes distinctions possibles dans leurs professions respectives. Les cérémonies de remise des prix ont lieu chaque année. Chaque lauréat reçoit une médaille d’or, un diplôme et une compensation financière. Mais combien de lauréats du prix Nobel se sont-ils expérimentés sur eux‑mêmes ?
Sur les 465 incidents signalés d’auto‑expérimentation médicale, 8 ont entraîné la mort de l’expérimentateur. Sept d’entre eux ont reçu le prix Nobel. Cinq autres personnes ont reçu le prix Nobel pour des travaux non liés.
Qu’est‑ce que l’auto‑expérimentation ?
L’auto‑expérimentation est un type d’expérience scientifique dans lequel le scientifique s’expérimente sur lui‑même. Cela signifie souvent que le concepteur, l’opérateur, le sujet, l’analyste et l’utilisateur ou le rapporteur de l’expérience sont tous la même personne. En médecine, l’auto‑expérimentation possède une histoire longue et bien documentée qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Certaines de ces expériences se sont avérées très bénéfiques, offrant des perspectives nouvelles et souvent surprenantes dans divers domaines de la médecine.
Il existe de nombreuses motivations pour l’auto‑expérimentation. Elles incluent le désir d’obtenir rapidement des résultats tout en évitant la nécessité d’une structure organisationnelle formelle, l’attitude éthique consistant à prendre les mêmes risques que les volontaires, ou simplement le désir de faire du bien à l’humanité. D’autres préoccupations éthiques concernent la question de savoir si un chercheur doit s’auto‑expérimenter parce qu’un autre volontaire ne bénéficierait pas du même avantage que le chercheur, et si les individus peuvent légitimement donner un consentement éclairé à un volontaire en dehors d’un programme de recherche. (Source : Bibliothèque nationale de médecine)
Quel a été le succès de ces entreprises ?
Dans un étonnant 89 % des cas, les auto‑expérimentations ont donné des résultats favorables soutenant une théorie ou les données précieuses recherchées. Dans les investigations restantes, où les résultats étaient négatifs ou non concluants, certaines constatations négatives pourraient être utiles pour orienter les chercheurs vers des pistes de recherche plus fructueuses. (Source : Bibliothèque nationale de médecine)
Quel a été le prix payé pour ces résultats ?
Bien sûr, le résultat négatif le plus évident fut la mort du scientifique directement causée par son auto‑expérimentation — huit décès similaires, tous sauf un dus à des infections. Dans le cas d’Alexandre Bogdanov, il semble qu’il soit mort d’une réaction immunologique sévère aux multiples transfusions sanguines qu’il a reçues. Bien que le décès en tant que conséquence directe de l’intervention soit évident, il y a eu des cas de maladie aiguë sévère. (Source : Bibliothèque nationale de médecine)
Les scientifiques fous
De nombreux scientifiques de renom, dont au moins cinq lauréats du prix Nobel, se sont livrés à l'auto‑expérimentation ; dans plusieurs cas, le prix a été décerné pour des découvertes rendues possibles grâce à cette auto‑expérimentation. De nombreux essais étaient dangereux ; les participants étaient exposés à des substances infectieuses, toxiques ou radioactives.
Certains auto‑expérimentateurs, comme Jesse Lazear et Daniel Alcides Carrión, sont morts au cours de leurs études.
Les maladies infectieuses (Jesse Lazear : fièvre jaune, Max von Pettenkofer : choléra), la recherche et le développement de vaccins (Daniel Zagury : SIDA, Tim Friede : morsure de serpent), le cancer (Nicholas Senn, Jean‑Louis‑Marc Alibert), le sang (Karl Landsteiner, William J. Harrington) et la pharmacologie ne sont que quelques exemples (Albert Hofmann et bien d’autres). Le champ de recherche s’est élargi au-delà des maladies et des traitements. Nicholas Senn a injecté de l’hydrogène dans son tractus gastro‑intestinal pour tester l’utilité de cette approche dans l’identification des perforations. En même temps, John Stapp a étudié les limites de la décélération humaine, et Humphry Davy a respiré du protoxyde d’azote. (Source : National Library of Medicine)






