Construire une installation de recherche de classe mondiale au Moyen-Orient n'est pas aussi facile que vous le pensez. Les scientifiques ont essayé de convaincre les gouvernements de la région de mettre leurs différends de côté et de s'unir pour construire un accélérateur de particules.

Chypre était censée héberger le premier accélérateur de particules au Moyen-Orient, mais ses ministres ont préféré dépenser les fonds à organiser le concours Miss Univers à la place.

Qu’est‑ce qu’un accélérateur de particules ?

Les scientifiques utilisent les accélérateurs de particules pour étudier l'origine de notre univers. Avec cet appareil, ils peuvent examiner les structures subatomiques de tout ce qui nous entoure. Le même dispositif est également utilisé dans la recherche avancée dans différents domaines tels que : la médecine, l'industrie et la sécurité. (Source : Department of Energy)

Comment fonctionne un accélérateur de particules ?

Revenons aux bases. Nous savons que la plus petite unité de matière est l'atome. Lorsqu'il est divisé, l'atome contient : des protons, des neutrons et des électrons. Chacune de ces particules subatomiques possède une charge électrique. Le proton porte une charge positive, le neutron n'a aucune charge, et l'électron a une charge négative.

Dans un accélérateur circulaire, les particules subatomiques sont propulsées à plusieurs reprises à travers un tube. Lorsque les particules traversent le champ électrique et atteignent leur niveau d'énergie optimal, une cible est placée sur leur trajectoire. C'est là que le détecteur de particules observe la collision. (Source : Department of Energy)

Ouverture d’une installation de classe mondiale au Moyen-Orient

Les scientifiques ont essayé d'expliquer la nécessité d'un accélérateur de particules aux gouvernements du Moyen-Orient. Ils ont suggéré de mettre leurs différends de côté, au moins une fois. Toutes les parties pourraient s'accorder, mais ils avaient encore besoin d'un lieu pour le construire.

Alors que les scientifiques étaient à un dîner en Jordanie, un homme en survêtement s'est assis avec eux. Il a écouté les obstacles qu'ils rencontraient pour construire l'accélérateur de particules, et, avant qu'ils ne s'en rendent compte, l'homme a organisé une rencontre avec eux et le roi de Jordanie.

Il s'avère que l'homme en survêtement était en réalité le prince Ghazi Bin Muhammad. Il était le conseiller de confiance du roi Abdallah II. Leur rencontre avec le roi a conduit à la construction du synchrotron Sesame. Il a été difficile de le faire fonctionner, mais c'est véritablement un miracle. (Source : Chemistry World)

Quelle était l'implication de Chypre ?

Le besoin d'un accélérateur de particules était clair pour les responsables gouvernementaux dès le départ. Après le traité de paix entre Israël et la Jordanie, plusieurs scientifiques ont collaboré au projet. Il s'appelait SESAME, le Synchrotron‑Light pour la Science Expérimentale et les Applications au Moyen‑Orient.

Il y avait l'idée de créer un grand instrument permettant aux scientifiques de se réunir, dans le même esprit que celui qui a conduit à la création du CERN après la Seconde Guerre mondiale. C’est une situation gagnant‑gagnant. Et les politiciens peuvent comprendre cela – même lorsque Israël et l'Iran se trouvent dans la même salle. Nous avons beaucoup de chance d'avoir tant d'archéologie dans la région, et si vous voulez travailler sur des momies, ou sur des objets de la mer Morte, les coûts d'assurance et de transport doivent être pris en compte. Dans de nombreux cas, voyager simplement en voiture est un avantage !

Roy Beck‑Barkai, Physicist – Tel Aviv University

Malgré l'intérêt et les bénéfices apparents de la réalisation du projet SESAME, l'Irak, le Yémen, le Maroc et l'Arabie Saoudite ont refusé de se joindre à l'initiative. Ils voulaient les avantages mais n'étaient pas prêts à faire le travail. C'est alors que le doute a commencé à obscurcir le projet.

À ce stade, le projet faisait face à plusieurs défis. L'emplacement était le premier problème, et l'Iran a proposé un site mais l'octroi de visas aux chercheurs était assez compliqué. Chypre a été envisagée, mais ses ministres ont décidé d'utiliser leurs fonds pour Miss Univers à la place.

En fin de compte, le projet était basé en Jordanie. (Source : Chemistry World)