Les plantes sous-marines qui ont évolué à partir de plantes terrestres sont appelées herbes marines. Comme la plupart des plantes, elles ont des feuilles, des fleurs, des graines, des racines et des tissus de connexion, et elles tirent leur nourriture de la photosynthèse. Mais saviez‑vous que l’herbe marine est plus efficace pour convertir le dioxyde de carbone en oxygène ?

Un champ entier d’herbe marine peut convertir le dioxyde de carbone en oxygène à un taux huit fois supérieur à celui d’une forêt de taille comparable, ce qui le rend plus efficace.

Comment l’herbe marine bénéficie‑t‑elle à l’environnement ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC) a déclaré que des changements urgents et sans précédent sont nécessaires pour éviter une catastrophe climatique. Bien que des efforts soient déjà entrepris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la plupart des experts estiment qu’ils sont insuffisants. 

En conséquence, il est essentiel de trouver des moyens de réduire de façon significative le nombre de polluants dans l’atmosphère. Les puits de carbone, ou écosystèmes capables d’absorber et de stocker de grandes quantités de dioxyde de carbone, sont idéaux pour cela.

Selon les chercheurs, l’herbe marine possède une grande capacité à absorber et stocker le carbone dans le fond marin dépourvu d’oxygène, où elle se décompose beaucoup plus lentement qu’à terre. Ce sédiment sans oxygène piège le carbone dans la matière végétale morte, qui peut ensuite être enfoui pendant des centaines d’années. 

L’activité humaine entraîne un déclin des prairies d’herbe marine partout dans le monde. En conséquence, la réintroduction de ces prairies augmentera considérablement la capacité de stockage du carbone de nos océans.

De nombreux facteurs influencent la quantité exacte de carbone qu’une prairie d’herbe marine peut absorber, mais des calculs approximatifs montrent que restaurer un hectare d’herbe marine correspond à au moins dix hectares de forêt terrestre, et possiblement jusqu’à quarante. (Source : Smithsonian Magazine)

Quelle est la meilleure façon de restaurer l’herbe marine ?

Les prairies d’herbe marine peuvent être restaurées en encourageant la recolonisation naturelle dans les zones où la qualité de l’eau de surface s’est améliorée. Les méthodes de restauration proactive de l’herbe marine comprennent le déplacement d’individus provenant de prairies donneuses saines ou de semis élevés en laboratoire. Les graines peuvent être plantées ou diffusées dans certains cas.

Le semis peut être utilisé seul ou conjointement avec des techniques de transplantation. Plusieurs documents d’orientation technique ont été publiés pour aider les praticiens de la restauration à choisir les sites de transplantation et les méthodes de restauration appropriées pour les prairies d’herbe marine. (Source : Habitat Restoration)

Quels sont les autres usages de l’herbe marine ?

Les prairies d’herbe marine, ou grands lits d’herbe marine, offrent de nombreux recoins où les petits poissons peuvent se cacher des prédateurs. C’est un refuge préféré des poissons juvéniles et des invertébrés, notamment le tambour rouge, le vivaneau gris et les crevettes, qui sont à la fois récréatifs et commercialement importants. Ces animaux passeront leurs années juvéniles à l’abri dans les herbes marines, puis migreront vers l’océan ouvert ou le récif à l’âge adulte. La perte de ces nurseries protectrices pourrait nuire aux populations de ces espèces.

Certains de nos créatures marines préférées privilégient l’herbe marine comme source de nourriture. Le nom herbe de tortue vient du fait qu’elle est la préférée de la tortue verte, une espèce menacée et la seule tortue marine strictement herbivore à l’âge adulte. 

L’herbe de lamantin est un type d’herbe marine que l’on trouve dans le sud‑ouest de l’Atlantique, le golfe du Mexique et les Caraïbes, et qui est prisée des lamantins. Si certains animaux consomment l’herbe elle‑même, beaucoup d’autres se nourrissent des minuscules invertébrés et poissons qui vivent dans ses feuilles. (Source : Ocean Conservatory)