Le chef de la police de Paris a édicté un règlement en 1799 stipulant que toute femme souhaitant porter un pantalon devait d'abord obtenir une autorisation spéciale de la police. Une femme devait obtenir la permission de s'habiller comme un homme, et cette permission nécessitait souvent une certification médicale pour être approuvée. Mais quelle était la raison de ce décret apparemment arbitraire ?

Pendant 213 ans, de 1800 à 2013, les femmes étaient interdites de porter des pantalons à Paris. Cette restriction a été mise en place pour les empêcher d'exercer certains métiers.

Comment les femmes en France obtenaient‑elles l'autorisation de porter des pantalons ?

Les femmes n'étaient pas autorisées à porter des pantalons en France avant 2013, alors que la législation datant du 17 novembre 1800 était toujours en vigueur. Elle était intitulée Décret concernant le travestissement féminin et stipulait que.

Toute femme qui souhaite s'habiller comme un homme doit demander l'autorisation à la police. Cela a été révisé en 1892 et 1909 pour permettre aux femmes de porter un pantalon si elles tenaient le guidon d'un vélo ou les rênes d'un cheval. (Source : Connexion France

Les non‑conformistes du XIXe siècle

Toute femme qui osait porter un pantalon au XIXe siècle était considérée comme une rebelle. Rosa Bonheur était une artiste non‑conformiste, mais en 1852 elle a demandé l'autorisation de porter un pantalon aux foires bovines et ovines parce qu'elle se spécialisait dans les peintures animalières.

La romancière George Sand préférait s'habiller en homme en public, bien qu'elle n'ait pas de permis. Elle a découvert que porter un pantalon était plus confortable et qu'elle pouvait accéder à des lieux où les femmes n'étaient pas autorisées.

Marie‑Rose Astié de Valsayre était chanteuse et infirmière qui militait pour les droits des femmes. En plus d'avoir créé la Ligue des femmes en 1889 et de réclamer l'égalité salariale, elle a adressé une pétition aux députés en 1887 pour obtenir le droit pour les femmes de porter un pantalon, qui a été refusée. En 1895, elle a fait pression contre une proposition visant à interdire aux cyclistes féminines de porter un pantalon, sauf lorsqu'elles montaient à vélo.

Le port du pantalon par les femmes était encore considéré comme scandaleux au début du XIXe siècle. Madeleine Pelletier était la première psychiatre française et une première féministe qui luttait pour l'indépendance des femmes. Elle se coupait les cheveux courts et était connue pour le « travestissement », c’est‑à‑dire s'habiller comme un homme pour se détacher de la féminité. (Source : Connexion France

Comment la guerre a-t-elle affecté cette décision ?

Pendant les guerres mondiales, lorsque les femmes ont commencé à assumer les responsabilités des hommes combattant au front, elles ont également commencé à porter des vêtements plus pratiques. Dans la haute société, cependant, des femmes comme Coco Chanel, Marlene Dietrich et Katharine Hepburn étaient encore considérées comme extravagantes lorsqu'elles portaient des pantalons.

Ce n’est qu’à partir des années 1960 que le port du pantalon par les femmes est devenu acceptable, et des créateurs de mode comme Yves Saint Laurent ont commencé à les présenter sur les podiums. Cependant, aussi récemment qu’en 1978, la députée Chantal Leblanc s’est vu refuser l’accès au bâtiment de l’Assemblée nationale parce qu’elle portait un pantalon en velours côtelé. Elle a finalement été autorisée à entrer, mais elle était l’une des rares élues à porter un pantalon. (Source : Connexion France)

Quand le gouvernement français a-t-il modifié cette décision ?

En juillet 2012, le sénateur Alain Houpert de la Côte-d’Or a demandé l’abrogation du texte de 1800, qui était négligé depuis des années. Sa demande a été rapidement exécutée le 31 janvier 2013, car le décret était incompatible avec les principes d’égalité entre les hommes et les femmes.

Les femmes parisiennes ont enfin rattrapé le XXIe siècle et la fin du XXe : elles peuvent désormais porter des pantalons. La restriction de 213 ans a été officiellement abolie le 31 janvier 2013. (Source : Connexion France