On croit que la chowder aux palourdes que nous connaissons tous aujourd'hui a été introduite par les colons français, néo‑scotiens et britanniques. Cela est finalement devenu un plat de base dès les années 1700. Bien qu'il existe différentes variantes du plat, saviez‑vous qu'il était illégal d'utiliser des tomates dans la soupe ?

Cleveland Sleeper, représentant de l'État du Maine, détestait les tomates. Il a rédigé un projet de loi pour interdire l'utilisation de tomates dans la chowder aux palourdes en 1929. La punition pour avoir enfreint la loi était de déterrer un tonneau de palourdes à marée haute, ce qui était pratiquement impossible.

La Grande Guerre de la Chowder aux Palourdes de 1939

Ce n'était pas un secret à l'époque que Cleveland Sleeper, le représentant de l'État du Maine, détestait les tomates. En fait, en 1939, il a rédigé un projet de loi criminalisant la préparation de la chowder aux palourdes avec des tomates. Les contrevenants auraient dû déterrer un tonneau de palourdes à marée haute. Tout palourdiste dirait que ce n'est pas seulement une punition cruelle, mais qu'elle était pratiquement impossible à accomplir. Heureusement, le projet de loi n'a jamais été déposé, et la guerre de la chowder aux palourdes s'est terminée sans aucune ingérence gouvernementale.

Mais ce n’était pas tout. L'Association des Hôtels du Maine décida de mettre un terme à la question lors de son divertissement de mi‑hiver à Portland. À ce moment‑là, Sleeper fit appel à son chef, et son rival Harry Tully, restaurateur philadelphien, amena le sien. Le chef de Sleeper prépara une chowder aux palourdes traditionnelle du Maine lors de l'événement, tandis que le chef de Tully réalisa une chowder aux palourdes de Manhattan à base de tomates.

Chacune a séduit les palais d'une galerie distinguée d'épicuriens de chowder. Les épicuriens, dirigés par le gouverneur du Maine, Lewis O. Barrows, dégustèrent gravement les concoctions rivales.

Associated Press, Nashua Telegraph

En goûtant la chowder aux palourdes à base de tomates, Sleeper exprima son dégoût en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une chowder aux palourdes mais d'une soupe de légumes. Mais Tully expliqua comment la tomate rehausse réellement le plat en apportant de la saveur à la palourde. Malheureusement, la chowder aux palourdes de Manhattan de Tully n'eut aucune chance face au classique. Les juges votèrent à l'unanimité en faveur du rival de la Nouvelle‑Angleterre. (Source : New England Historical Society)

Sleeper se vantant de sa victoire

Après l'événement, les gros titres disaient : La bonne vieille chowder aux palourdes de la Nouvelle‑Angleterre a reçu l'approbation des épicuriens aujourd'hui dans une bataille de cuisine avec sa sœur métropolitaine, la chowder aux palourdes de Manhattan imprégnée de tomates. Inutile de dire que Sleeper a exploité cette victoire à fond.

Si une palourde pouvait voter, je serais élu Président

Cleveland Sleeper, Représentant de l'État du Maine

(Source : New England Historical Society)

Quelqu’un d’autre a-t-il espéré cette croisade ?

Un an après le concours de chowder aux palourdes, Eleanor Early a entrepris sa propre croisade contre la version à base de tomates de la soupe, qu’elle a décrite dans son livre A New England Sampler.

Voici un terrible mélange rose appelé Manhattan Clam Chowder, qui n’est qu’une soupe de légumes, et ne doit pas être confondu avec le New England Clam Chowder, ni mentionné dans le même souffle. Les tomates et les palourdes n’ont aucune affinité, tout comme la glace et le raifort.

Eleanor Early, A New England Sampler

(Source : New England Historical Society)