Une pelouse est une zone de terrain recouvert de sol plantée de graminées et d'autres plantes résistantes comme le trèfle, et maintenue à une hauteur courte à l'aide d'une tondeuse ou parfois d'animaux pâturants, à des fins esthétiques et récréatives. Mais saviez‑vous que seuls les riches pouvaient se permettre d'entretenir une pelouse parfaitement entretenue autrefois ?

Les pelouses traditionnelles en herbe ont commencé comme un symbole de richesse pour les riches. Des pelouses soigneusement coupées, utilisées uniquement à des fins esthétiques, sont devenues un symbole de statut, démontrant que le propriétaire pouvait se permettre d'entretenir de l'herbe qui ne servait pas à la production alimentaire.

L'Histoire des pelouses

Il semble que la pelouse ait été inventée en Europe, ce qui a du sens écologiquement compte tenu du climat humide et doux de l'Europe, qui favorise les prairies ouvertes à coupe rapprochée.

Le mot moyen anglais launde désignait à l'origine une clairière ou une ouverture dans les bois, mais il en vint plus tard à désigner des étendues artificielles de terrain ressemblant à des clairières. Certaines des premières pelouses étaient les prairies autour des châteaux médiévaux en France et en Grande‑Bretagne, qui étaient dégagées des arbres afin que les gardes puissent voir les visiteurs approchant, éventuellement hostiles. Le terme désignait également les commons du village, c’est‑à‑dire les prés partagés ou tenus en commun par les villageois où leurs moutons et bovins pouvaient pâturer. Ces tondeuses à sabots tondaient l'herbe tout en la fertilisant. Pensez aux pelouses biologiques.

Les pelouses à herbe très coupée sont apparues pour la première fois dans les demeures de grands propriétaires terriens riches au XVIIᵉ siècle en Angleterre. Bien que les moutons pâturaient encore sur de nombreux parcs, les propriétaires s'appuyaient de plus en plus sur la main‑d’œuvre humaine pour entretenir l'herbe près de leurs maisons. Avant les tondeuses, seuls les riches pouvaient se permettre d'engager les nombreuses personnes nécessaires pour faucher et désherber l'herbe, de sorte qu'avoir une pelouse était un signe de richesse et de statut. (Source : Planet Natural

Signe de la classe supérieure

À mesure que les villes grandissaient et s'industrialisaient au milieu du XIXᵉ siècle, les campagnes d'embellissement urbain devinrent courantes, et le parc vit le jour. Au départ, ce terme désignait les acres de pelouse avec des arbres soigneusement entretenus entourant les demeures anglaises riches. Il prit une nouvelle signification dans l'Amérique démocratique, devenant un espace public caractérisé par des pelouses paysagées, des arbres, des arbustes et des plans d'eau tels que fontaines, ruisseaux, étangs et lacs, tous inspirés des domaines britanniques.

Le parc a été redéfini et démocratisé, devenant omniprésent en Amérique du Nord. Quiconque a parcouru les États‑Unis ou le sud du Canada sait que chaque ville possède son parc : un ou deux pâtés de terre d'herbe, des arbres, un bac à sable et une balançoire, quelques bancs, une table de pique‑nique et une fontaine d'eau. Il resterait encore identifiable comme un parc même si tout, sauf le premier élément, l'herbe, était retiré.

Les pelouses se sont finalement propagées du centre civique aux arrière‑cours nord‑américaines. Frederick Law Olmsted, le père américain de l’architecture paysagère, a été une figure cruciale de ce mouvement, concevant le Central Park de New York dans les années 1850 ainsi que des parcs à Boston, Montréal et ailleurs. Olmstead n’a pas seulement popularisé l’utilisation des prairies dans les parcs publics, il a également conçu des banlieues avec des pelouses pour chaque maison résidentielle.

Ces trois développements d’après‑guerre aident à expliquer d’où proviennent les normes de pelouse. La pelouse est depuis devenue un élément incontournable des banlieues américaines et canadiennes ainsi que de l’imaginaire américain. La quête de la perfection avait commencé. Alors que la pelouse était à l’origine un symbole de la richesse britannique de la haute classe, elle s’est depuis transformée en symbole du rêve américain de la classe moyenne : une maison à soi entourée d’herbe verte. La tâche future consiste à déterminer comment conserver ce qui est précieux dans ce rêve tout en se débarrassant de ce qui est néfaste. (Source : Planet Natural

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