Les animaux se développent ou évoluent pour se protéger des prédateurs. Certains possèdent des capacités de camouflage, tandis que d’autres ont des coquilles protectrices durcies. Pourtant, certains animaux développent d’autres caractéristiques de protection comme le venin pour empoisonner ceux qui leur font du mal. Mais saviez‑vous qu’il existe un primate également venimeux ?

Le loris lent est le seul primate venimeux au monde. Lorsqu’il est menacé, il lèche une glande près de son coude qui, mélangée à sa salive, devient toxique et peut entraîner la mort de son agresseur.

Qu’est‑ce qu’un loris lent ?

Le loris lent est un primate forestier sans queue ou à queue courte, que l’on trouve principalement dans les régions d’Asie du Sud et du Sud‑Est. Ces primates sont arboricoles et nocturnes, souvent recroquevillés en train de dormir pendant la journée. Ils possèdent un pelage doux gris ou brun et de grands yeux entourés de taches sombres. Ils ont également de courts doigts indicateurs.

Les loris sont des parents éloignés des potto et des angwantibos d’Afrique. Ils se déplacent avec une grande délibération à travers les arbres, qui constituent leur habitat naturel. On les voit souvent suspendus par les pieds et utilisant leurs mains pour saisir de la nourriture ou passer d’une branche à l’autre.

Il existe onze espèces connues de loris, dont neuf sont plus robustes et possèdent des membres plus courts et plus trapus. Ils ont également des museaux plus arrondis associés à des yeux et des oreilles plus petits. Ces primates se nourrissent d’insectes, de petits animaux, de fruits et d’autres végétaux. (Source : Britannica)

Comment le loris se défend‑il ?

Le loris lent de Java, que l’on trouve dans de petites poches de l’île indonésienne de Java, est la seule espèce de loris lent venimeuse. C’est le seul primate venimeux connu, grâce à ses glandes spécialisées évoluées situées sous les aisselles.

Lorsque le loris lent de Java se sent menacé, sa glande spécialisée produit une substance qui, mélangée à sa salive, devient un venin toxique, permettant au loris d’infliger une morsure nécrotique. Le toxine fait pourrir la chair au point de la morsure. Ces primates utilisent ce venin pour défendre leurs territoires, leur nourriture ou leurs petits et l’utilisent généralement contre d’autres loris.

En 2012, George Madani, biologiste de la faune, a été mordu au doigt par un loris lent alors qu’il étudiait la faune en Bornéo malaisien. Selon le biologiste, la morsure était d’abord insupportable, mais le toxine a déclenché une réaction anaphylactique complète. La bouche de Madani a gonflé, et sa poitrine ainsi que son abdomen lui faisaient mal.

Heureusement pour lui, la clinique locale disposait d'adrénaline pour soulager son état douloureux. Il était le premier cas signalé d'un loris lent de Kayan et le deuxième cas médicalement évalué de ce primate. Cependant, les habitants affirment qu'il existe de nombreux récits non publiés de personnes attestant de la puissance du venin du loris lent. (Source: Britannica)

Les loris lents peuvent-ils être domestiqués ?

Le loris lent est un petit animal docile souvent considéré comme mignon. De nombreuses personnes en ont adopté un comme animal de compagnie. Cependant, il existe certains territoires où il est illégal de posséder un loris lent. Ces primates sont classés comme espèces menacées, et la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES) interdit le trafic international de ces animaux.

Cependant, certaines régions autorisent un particulier à posséder un loris lent comme animal de compagnie, à condition que le propriétaire obtienne une licence. Toutefois, les loris lents gardés comme animaux de compagnie sont généralement manipulés de manière non éthique. Les vendeurs retirent les canines des loris, ce qui se fait sans soins médicaux appropriés ni expertise. (Source: Pet Ponder)