Vous utilisez le mot « scientifique » sans y réfléchir. Mais la première fois qu’il est apparu dans l’imprimerie, il était associé à une femme à qui l’on refusait en grande partie l’éducation que recevaient ses frères.[1][2]
Mary Somerville, née en Écosse en 1780, a appris à lire mais pas à écrire, et elle n’est pas allée à l’école avant d’avoir environ 10 ans.[1][2][3] Le plan de sa vie était ordinaire et restrictif : apprendre les compétences domestiques attendues d’une jeune femme respectable, puis cesser de poser des questions gênantes. Elle a ignoré ce plan presque immédiatement.[1][3]
Somerville s’est instruite à partir des étagères de livres familiales, a étudié Euclide, et a recherché quiconque pouvait l’aider en latin, algèbre et astronomie.[1][3] En 1831, elle publia Mechanism of the Heavens, une explication claire en anglais de la mécanique céleste dense de Pierre‑Simon Laplace. Britannica note que les principaux mathématiciens et astronomes britanniques ont considéré le livre comme une réalisation sérieuse, et non comme une curiosité.[2]
Trois ans plus tard, elle publia On the Connexion of the Physical Sciences, un livre ambitieux montrant comment l’astronomie, la physique, la géographie et la météorologie s’articulent.[1][2] En examinant ce livre en 1834, William Whewell chercha une nouvelle désignation. « Philosophe » était trop vague, et « homme de science » était maladroit pour Mary Somerville, alors il introduisit le mot « scientist » dans l’imprimerie.[1][4]
C’est l’anecdote retenue. La partie la plus intéressante est la raison pour laquelle Somerville a contraint la langue à s’étirer dès le départ. Elle n’est pas connue pour une expérience grandiose. Elle est connue pour sa synthèse, rassemblant des découvertes disséminées à travers les disciplines et les rendant lisibles aux lecteurs généraux et utiles aux chercheurs actifs.[2][4] St Andrews attribue son travail à une influence sur James Clerk Maxwell, et Britannica note qu’une édition ultérieure de son livre a contribué à stimuler les calculs qui ont conduit à la découverte de Neptune.[2][3]
En 1835, Somerville et Caroline Herschel devinrent les premières femmes membres honoraires de la Royal Astronomical Society.[1][2] En 1866, lorsque John Stuart Mill présenta la première pétition massive pour le droit de vote des femmes en Grande‑Bretagne au Parlement, la signature de Somerville fut la toute première.[1] Elle continuait à repousser les limites imposées aux femmes jusque dans ses quatre‑vingt ans.[1]
C’est pourquoi cela reste important. Mary Somerville n’a pas seulement aidé à expliquer la science. Elle a contribué à créer l’espace culturel où l’on peut imaginer un scientifique comme autre chose qu’un homme dans une salle de conférence. Chaque fois que vous prononcez le mot, vous faites écho à un petit changement de langue que l’histoire a dû opérer parce que l’intellect d’une femme était devenu impossible à ignorer.[1][4]




