Shi (à gauche) et Boursicot se sont rencontrés en 1964. Shi était habillé en homme mais prétendait être en réalité une femme.

L'opéra chinois est connu pour ses intrigues complexes, son maquillage éclatant, ses magnifiques costumes et décors, ainsi que les styles vocaux distinctifs de ses interprètes. Sans surprise, de nombreux des 1 000 complots tournent autour de conflits politiques et militaires plutôt que de romance. Mais saviez‑vous qu'il y avait un chanteur d'opéra qui travaillait également comme espion contre les Français ?

Shi Pei Pu est un chanteur d'opéra chinois devenu espion qui a obtenu des secrets d'un employé de l'ambassade française pendant vingt ans en se faisant passer pour une femme lors de leur relation sexuelle. Il a même pris un enfant et prétendu qu'il leur appartenait.

Qui était le chanteur d'opéra chinois qui travaillait également comme espion contre les Français ?

L'opéra chinois est connu pour ses intrigues complexes, son maquillage éclatant, ses magnifiques costumes et décors, ainsi que les styles vocaux distinctifs de ses interprètes. Sans surprise, de nombreux des 1 000 complots tournent autour de conflits politiques et militaires plutôt que de romance. Mais saviez‑vous qu'il y avait un chanteur d'opéra qui travaillait également comme espion contre les Français ?

Shi Pei Pu est un chanteur d'opéra chinois devenu espion qui a obtenu des secrets d'un employé de l'ambassade française pendant vingt ans en se faisant passer pour une femme lors de leur relation sexuelle. Il a même pris un enfant et prétendu qu'il leur appartenait.

Shi Pei Pu et sa vie d'espion

Shi Pei Pu était un chanteur et acteur d'opéra de Pékin modérément réussi. Il est devenu espion après avoir développé une relation avec un employé de l'ambassade de France nommé Bernard Boursicot, à travers laquelle il a transmis tous ses secrets au gouvernement chinois. 

Shi Pei Pu était habillé en homme lors de la soirée où il a rencontré Boursicot, mais ses yeux brillants et ses traits faciaux exquis étaient aussi délicats et enchanteurs que ceux d'une femme. Il se vantait autrefois de fasciner à la fois les hommes et les femmes, et Boursicot, comptable de 20 ans à la nouvelle ambassade française à Pékin, était captivé par sa beauté.

Après la soirée, les deux sont restés en contact et se sont rencontrés plusieurs fois. Shi Pei Pu a affirmé être né fille et que sa mère l'avait pris pour un garçon parce que son père était désespéré d'avoir un fils après avoir eu deux filles. Il a déclaré avoir mené une vie plus masculine depuis lors. Boursicot l'a cru.

Le couple est finalement tombé amoureux et a entamé une relation sexuelle, que Boursicot a décrite plus tard comme rapide, furieuse et toujours menée clandestinement. On lui a dit que c'était la bonne étiquette chinoise lors des rapports sexuels.

Lorsque le gouvernement chinois a découvert la liaison, Boursicot a été contraint de fournir des documents, d'abord de l'ambassade à Pékin de 1969 à 1972, puis de son poste au consulat d'Oulan‑Bator, en Mongolie, de 1977 à 1979.

De 1966 à 1976, la Chine était sous l’emprise de la Révolution culturelle, ce qui rendait difficile la rencontre entre Boursicot et Shi Pei Pu. Boursicot a été affecté à un poste en Asie du Sud‑Est.  Au cours d’une visite, il a présenté à Boursicot leur fils de quatre ans, Shi Dudu, que Shi affirmait être né en 1966. Boursicot a revendiqué le garçon comme le sien. (Source : South China Morning Post)

Ont‑ils pu arrêter Shi Pei Pu et prouver son vrai sexe ?

À l’été 1983, la Direction de la Surveillance du Territoire découvrit que les deux vivaient ensemble et les interrogea sur des documents secrets remis aux autorités chinoises.

Après l’interrogatoire, Boursicot et Shi Pei Pu furent arrêtés pour suspicion d’espionnage au profit de la Chine. Shi Pei Pu insista sur le fait qu’il ne savait rien des documents secrets et qu’il était une femme.

Le juge français, qui n’était pas convaincu, l’envoya finalement à Fresnes, une prison pour hommes dans la banlieue sud de Paris, après un examen médical approfondi visant à prouver le sexe de Shi.

Il a déclaré aux médecins, alors qu’il était en garde à vue, qu’il avait un pénis enfoui et qu’il avait dissimulé ses organes génitaux pour convaincre Boursicot qu’il était une femme.

Je n’ai jamais dit à Bernard que j’étais une femme, je me suis seulement laissé entendre que je pouvais être une femme

Shi Pei Pu

(Source : South China Morning Post)