Carry A. Nation a adopté une approche directe pour faire avancer les objectifs du mouvement de prohibition, souvent bien trop directe pour les autorités. Son histoire de vie inhabituelle était non seulement captivante en soi, mais mettait également en lumière certaines des motivations des femmes à rejoindre le mouvement qui a finalement conduit à la Prohibition. Mais saviez‑vous comment elle a commencé son militantisme ?

Carrie Nation, une femme qui utilisait une hache pour attaquer les saloons afin de protester contre la consommation généralisée d’alcool aux États-Unis avant la prohibition.

L’histoire derrière sa lutte contre l’alcool

Selon la State Historical Society of Missouri, Nation venait du Kentucky, où elle a grandi dans une famille propriétaire d’esclaves avec une grande ferme. Après la guerre de Sécession, sa famille a déménagé au Missouri, où elle a épousé Charles Gloyd à l’âge de 21 ans. C’était un jeune médecin qui avait servi dans l’armée de l’Union, mais aussi un alcoolique qui ne pouvait pas garder un emploi ni la soutenir financièrement. Nation est retournée chez ses parents après être tombée enceinte. Charlie, sa fille, nommée d’après Gloyd, est née en septembre, et Gloyd est mort quelques mois plus tard. Malgré la reconstruction de sa vie, devenant enseignante et finissant par se remarier avec un avocat nommé David Nation, Nation a été influencée par son premier mariage dysfonctionnel. (Source : The Smithsonian Magazine)

L’approche de Carrie Nation contre l’alcool

Nation a commencé à avoir des visions en vieillissant et en devenant plus religieuse. Selon la société historique, son mari est également devenu prédicateur. Ils ont déménagé au Kansas, où Nation a fondé une branche de la Women’s Christian Temperance Union.

L’union, fondée en 1874, cherchait à interdire l’alcool en raison des dommages qu’il causait aux familles, en particulier aux femmes et aux enfants dont les membres masculins buvaient excessivement. Un conjoint alcoolique et potentiellement violent était un problème majeur à une époque où les femmes n’avaient pas de droits légaux ni de recours et devaient compter sur les soutiens de famille masculins pour tout ou partie du revenu familial. Cependant, la croisade anti‑alcool s’est rapidement élargie pour inclure d’autres sources perçues d’impureté sociale, comme le tabagisme et la promiscuité sexuelle. L’union proposait de guérir ces vices en accordant le droit de vote aux femmes et en mobilisant les services sociaux des femmes blanches de la classe moyenne.

L’approche de Nation dans la croisade de la prohibition était plus directe que celle de nombreuses femmes de son époque. Ce jour‑là, en 1900, elle a brisé le bar de l’hôtel Carey à Wichita, Kansas, avec une hache. Elle a été arrêtée, mais Nation, libérée peu après l’incident, est devenue célèbre pour porter une hache et détruire les saloons. (Source : The Smithsonian Magazine)

La marque de Carrie Nation

Carrie Nation comprenait la valeur de sa marque ; elle a déposé son nom inhabituel, qui est également orthographié Carrie dans certains récits au Kansas, selon l'Université du Commonwealth de Virginie. Nation, mesurant près de six pieds, utilisait sa présence imposante pour promouvoir sa cause et sa marque. Elle a également quitté le Kansas, où la vente d’alcool était techniquement illégale, et a emporté sa vision et sa hache avec elle.

Son comportement a provoqué un énorme tumulte et l’a envoyée en prison à plusieurs reprises pour trouble à l’ordre public et perturbation de la paix. Plus tard, des amendes ont été payées grâce à la vente de broches en étain en forme de hachette. Nation brandissait sa voix aussi efficacement que sa hache, exprimant son opinion avec éloquence et inspirant les autres à de nombreuses occasions. Même ses ennemis jurés reconnaissaient son succès grâce à l’application convaincante des lois de prohibition et à la diffusion de son message.

Virginia Commonwealth University

Nation et son mari ont divorcé en 1901, et elle a passé le reste de sa vie à faire des tournées de conférences. Ses efforts lui ont permis d’acheter une petite ferme en Arkansas, qu’elle prévoyait de transformer en école de prohibition pour former d’autres militants. Elle est décédée en janvier 1911, près d’une décennie avant la ratification du dix‑huitième amendement. (Source : The Smithsonian Magazine)

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