Roger D. Fisher est un professeur émérite de la Harvard Law School connu pour son travail novateur dans le domaine de la résolution pacifique des conflits et pour son best‑seller Getting to Yes : Negotiation and Agreement Without Giving In. Mais saviez‑vous quelle était son idée concernant les codes de lancement des ICBM ?
En 1981, Roger Fischer a proposé d’implanter les codes de lancement des ICBM dans la cavité thoracique d’un volontaire. En cas d’urgence, le volontaire porterait un couteau avec lequel il serait tué. L’idée était d’utiliser l’élimination impersonnelle de millions de personnes pour contraindre le meurtre personnel d’un seul homme.
La décision du code nucléaire
Il est presque impossible de saisir pleinement les ramifications d’un lancement de frappe nucléaire et du meurtre de millions de personnes innocentes. Cela ne pose peut‑être pas de problème pour vous, car vous aurez rarement à décider d’utiliser des armes nucléaires. Cependant, si vous possédez les codes nucléaires parce que vous êtes, par exemple, Président des États‑Unis, c’est un problème, et il faut que quelqu’un s’assure que vous ne deveniez pas trop prompt à appuyer sur le bouton.
Pourriez‑vous prendre une décision éclairée si cela dépendait de connaître les horreurs que vous étiez sur le point de déchaîner sur des millions de civils ? Dans les années 1980, un universitaire de Harvard spécialiste de la négociation et de la gestion des conflits a proposé une solution à cette dissonance au Pentagone : les codes nucléaires devraient être intégrés dans la poitrine d’un collègue du président. Le président devrait arracher les codes s’il lançait un missile nucléaire. (Source : Boing Boing)
La proposition de Roger Fisher
En 1981, le professeur de droit de Harvard Roger Fisher, directeur du Harvard Negotiation Project, a publié une expérience de pensée dans le Bulletin of Atomic Scientists : et si les codes pour déclencher une guerre nucléaire étaient conservés dans la cavité thoracique d’un jeune volontaire, et que le Président devait les extraire avant de lancer l’Armageddon ?
Il y a un jeune homme, probablement officier de marine, qui accompagne le Président. Ce jeune homme possède une mallette noire qui contient les codes nécessaires pour tirer des armes nucléaires. Je peux imaginer le Président, lors d’une réunion du personnel, envisager la guerre nucléaire comme une question abstraite. Il pourrait conclure : « Sur le plan SIOP numéro un, la décision est affirmative. Communiquer la ligne Alpha XYZ. ». Un tel jargon maintient ce qui est impliqué à distance.
Ma suggestion était très simple : placer ce numéro de code nécessaire dans une petite capsule, puis implanter cette capsule juste à côté du cœur d’un volontaire. Le volontaire porterait avec lui un grand couteau de boucher lourd en accompagnant le Président. Si jamais le Président voulait lancer des armes nucléaires, le seul moyen de le faire serait d’abord, de ses propres mains, tuer un être humain. Le Président dirait : « George, je suis désolé mais des dizaines de millions doivent mourir. ». Il doit regarder quelqu’un et prendre conscience de ce qu’est la mort—ce qu’est une mort innocente. Du sang sur le tapis de la Maison-Blanche. C’est la réalité ramenée à la maison.
Lorsque j’ai suggéré cela à des amis du Pentagone, ils ont répondu : « Mon Dieu, c’est terrible. Devoir tuer quelqu’un déformerait le jugement du Président. Il ne toucherait peut‑être jamais au bouton. »
Proposition de Roger Fischer
(Source : Boing Boing)






