L'explosion de Halifax était une calamité qui s'est produite le 6 décembre 1917 à Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada. Dans les Narrows, un passage reliant le haut du port de Halifax à la baie de Bedford, le cargo français SS Mont-Blanc est entré en collision avec le cargo norvégien SS Imo. Un incendie à bord du Mont-Blanc a entraîné une explosion énorme qui a ravagé le quartier Richmond de Halifax. Mais saviez‑vous que les explosions étaient alors mesurées en Halifaxes?
L'explosion de Halifax fut la plus massive explosion d'origine humaine jamais enregistrée. Après cela, les explosifs furent mesurés en “Halifaxes”. La toute première explosion atomique aurait été enregistrée à dix Halifaxes.
Le carrefour continental
Halifax est le port important le plus proche de l'Europe en Amérique du Nord. En période de conflits transatlantiques, ce statut lui conféra une importance disproportionnée. Les lignes ferroviaires partant des terminaux de fret maritime vers l'intérieur du continent formaient le littoral des Narrows du port de Halifax.
Le chemin de fer, les usines et le littoral étaient tous essentiels aux résidents des colonies voisines de Richmond et d'Africville. Il s'agissait d'un hameau historique afro‑novascotien fondé au début des années 1800. Les Narrows offraient des vues vers l'est sur la mer et vers l'ouest sur les villes du centre du Canada et les champs de blé des Prairies. Pendant la Première Guerre mondiale, Halifax devint la principale porte d'entrée du Canada vers les fronts européens.
L'infrastructure ferroviaire et maritime de la ville fut rapidement intégrée à l'effort de guerre de la nation. Des centaines de milliers de militaires partirent des terminaux Deepwater de Halifax vers les champs de bataille d'Europe, faisant de celle‑ci le principal port d'embarquement militaire du Canada. Halifax fut aussi profondément impliquée dans la guerre que n'importe quelle ville nord‑américaine avant le 6 décembre 1917.
Des personnes du monde entier sont venues à Halifax pendant la guerre et le boom économique qui a suivi. Beaucoup étaient des visiteurs :
- Marins britanniques, scandinaves et sud‑asiatiques en escale de quelques jours
- Ouvriers ferroviaires italiens et ukrainiens
- Travailleurs portuaires nomades envoyant leur salaire à une famille éloignée
D'autres sont venus et sont restés, notamment des marchands grecs et des hommes d'affaires chinois. (Source : Maritime Museum)
Les opérations de secours après l’explosion
Les résidents non blessés près du désastre ont prodigué les premiers secours, transporté les personnes blessées en lieu sûr et travaillé à libérer d’autres personnes piégées dans les décombres. De nombreux premiers intervenants étaient des soldats et des marins provenant de casernes endommagées et de navires au port du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis. Le jour de l’explosion, six trains de secours sont venus de la Nouvelle‑Écosse et du Nouveau‑Brunswick. Au fur et à mesure que la nouvelle de l’explosion du port de Halifax se répandait, des personnes du monde entier ont agi pour atténuer la souffrance généralisée.
Les écoliers et les chefs d’État ont fait des dons. Une assistance médicale est arrivée à travers le Canada et les États‑Unis, renforçant les efforts des intervenants locaux et offrant des traitements spécialisés pour les blessures graves. (Source: Maritime Museum)
Souvenirs de l’horreur
Le Musée maritime de l’Atlantique a créé une exposition temporaire intitulée A Moment in Time en 1987, reconnaissant l’importance de l’explosion du port de Halifax en 1917 dans l’histoire de la Nouvelle‑Écosse.
L’exposition a attiré une si grande foule que le musée a décidé de se lancer dans une vaste entreprise pour créer Halifax Wrecked, une exposition permanente dédiée à l’explosion, en 1994. Explosion in The Narrows, une version mise à jour de cette exposition qui a été présentée en 2019, tente d’élargir la connaissance publique des nombreuses communautés diverses touchées par ces événements, Mi’kmaw, Afro‑Néo‑écossais, migrants récents et militaires. (Source: Maritime Museum)






