L'histoire de l'Amérique est jalonnée de racisme et de xénophobie. Il existe plusieurs récits de discrimination à l'égard des différentes nationalités qui migrent aux États-Unis. Les législateurs ont fait de leur mieux pour éliminer l'afflux d'immigrants étrangers dans le pays, mais tout le monde voulait toujours le rêve américain. Mais saviez‑vous que les Chinois ont trouvé une faille dans une loi sur l'immigration ?
Au début du XXe siècle, les Chinois n'étaient limités qu'aux visas de commerçant. Il était difficile pour les Chinois d'entrer dans le pays. Mais ils ont trouvé une faille. Ils ont ouvert des restaurants chinois afin de pouvoir obtenir ce visa particulier.
Les lois sur l'immigration chinoise
Pendant la révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle, les États‑Unis ont connu un afflux de travailleurs chinois qui ont aidé à construire les réseaux ferroviaires du pays. Il a été rapporté que plus de 300 000 Chinois se sont précipités dans le pays pour travailler dans les chemins de fer, les mines, les champs et les usines.
Les Chinois travaillaient souvent pour des salaires plus bas, ce qui a fait que de nombreux travailleurs locaux se sont sentis menacés de perdre leur emploi. C'est à ce moment que le sentiment anti‑chinois était répandu. En réponse, le gouvernement a adopté des lois d'immigration strictes. Ces lois interdisaient explicitement aux travailleurs chinois d'immigrer ou de devenir citoyens américains.
Ces lois rendaient également difficile le retour aux États‑Unis pour les résidents chinois, même s'ils n'avaient quitté le pays que brièvement. Certaines exceptions existaient. Les propriétaires d'entreprises chinoises pouvaient obtenir des visas de commerçant spéciaux. Ce visa leur permettait de se rendre en Chine et de revenir avec des employés pour leur entreprise.
Au départ, seuls quelques types d'entreprises pouvaient prétendre au visa de commerçant. Mais cela a changé en 1915 lorsque le tribunal fédéral a ajouté les restaurants à la liste des entreprises pouvant obtenir un visa de commerçant. (Source : NPR)
Quelle était la faille ?
Selon l'historienne juridique du MIT Heather Lee, le nombre de restaurants chinois a augmenté lorsque la nouvelle loi a été adoptée. Ses recherches ont montré que les restaurants chinois ont doublé entre 1910 et 1920, puis de nouveau entre 1920 et 1930, et qu'à New York seulement, le nombre de restaurants a quadruplé.
Les recherches de Lee ont également révélé que de nombreux Chinois ont demandé des visas de commerçant pour ouvrir des restaurants après la mise à jour de 1915 des lois sur l'immigration. La plupart des immigrants étaient des hommes qui se rendaient aux États‑Unis pour gagner de l'argent et soutenir leurs familles en Chine, sans chercher à s'installer de façon permanente.
Ils souhaitaient pouvoir voyager aller‑retour pour rendre visite à leurs proches, mais les lois antérieures à 1915 les empêchaient de quitter le pays en ayant la certitude de pouvoir revenir.
Obtenir un visa de commerçant signifiait ne pas avoir de difficulté à voyager de retour chez soi et à revenir aux États‑Unis. Cependant, il restait plusieurs défis que les Chinois devaient surmonter pour obtenir ce visa spécial. La loi exige que les restaurants soient un établissement haut de gamme élégant.
De plus, les candidats doivent gérer le restaurant pendant au moins un an d'affilée. Ils ne sont également pas autorisés à accomplir des tâches subalternes telles que la cuisine, le service de tables ou la manipulation des caisses enregistreuses.
Ils ont finalement trouvé un moyen ingénieux de contourner la loi. Lee a noté que de nombreux immigrants chinois mettaient en commun leurs fonds pour ouvrir un restaurant élégant de chop suey. Ils se relayaient ensuite pour gérer le restaurant pendant un an à dix‑huit mois. Une fois qu'ils obtenaient leur visa de commerçant, ils retournaient en Chine puis revenaient aux États‑Unis avec leurs proches en tant que travailleurs du restaurant.
Ensuite, les proches ouvraient leurs propres établissements et répétaient le même processus. Cela a entraîné le boom des restaurants chinois dans le pays. (Source : NPR)






