Sur la cartouche 8 pistes de Pink Floyd, Animals, l'album fait quelque chose que l'album vinyle ne fait pas. Le dernier morceau ne s'arrête pas simplement au bord du petit monde sombre du disque. Un solo de guitare apparaît dans la couture, reliant la chanson de clôture à celle d'ouverture afin que la bande puisse continuer à tourner.[1]

La version 8 pistes de Pink Floyd de Animals utilisait une version spéciale connectée de « Pigs on the Wing », le solo de guitare de Snowy White assurant la liaison entre la Partie 1 et la Partie 2 pour la sortie en cartouche.

Sur l'album standard de 1977, « Pigs on the Wing » est divisé en deux. La Partie 1 ouvre Animals. La Partie 2 le clôture. Chaque morceau dure environ une minute vingt‑quatre secondes, formant une paire de brefs interludes acoustiques autour de « Dogs », « Pigs » et « Sheep », trois chansons qui durent chacune au moins dix minutes.[1]

Ces interludes comptent parce que Animals n'est pas un disque doux. Le milieu de l'album est sombre et satirique, construit autour d'images animales et de cruauté humaine. « Pigs on the Wing » se situe en dehors de cette machinerie. Il est plus léger en ton, beaucoup plus court, et réduit à Roger Waters jouant de la guitare acoustique.[1] Waters a ensuite déclaré que sans cela, l'album « n'aurait été qu'un cri de rage ».[1]

La chanson d'amour dans le cadre

Nick Mason, le batteur de Pink Floyd, a décrit « Pigs on the Wing » comme une chanson d'amour pour la nouvelle épouse de Waters à l'époque, Carolyne Christie, et Waters a confirmé cette interprétation.[1] L'explication de Mason était inhabituellement tranchante pour une anecdote de chanson d'amour. Christie, a-t-il dit, était l'une des rares personnes qu'il connaissait capables de tenir tête à Waters dans une dispute. Pour gagner une dispute avec Waters, Mason a suggéré, il fallait une vraie compétence en sémantique.[1]

Cela donne à la chanson une forme différente de tendresse. Il ne s'agit pas seulement de réconfort. Il s'agit de trouver un égal, quelqu'un qui peut se tenir en face de vous et répondre. Sur l'album, la Partie 1 ouvre la porte avant la longue descente vers « Dogs ». La Partie 2 revient après « Sheep », comme si le disque avait finalement retrouvé son chemin vers une petite pièce humaine.[1]

Le titre porte également une vieille blague. « When pigs fly » est une expression désignant quelque chose d'impossible, une façon exagérée de dire qu'une chose n'arrivera jamais.[2] L'expression apparaît sous diverses formes depuis des siècles, y compris dans Alice’s Adventures in Wonderland et Through the Looking-Glass de Lewis Carroll.[2] Pink Floyd a pris cette image impossible et l'a placée à l'entrée et à la sortie d'un album sur des personnes se comportant comme des animaux.

Pourquoi la version 8‑track était différente

La cartouche 8‑track créait un problème pratique pour un album construit avec deux morceaux correspondants aux extrémités opposées. Le format était associé à la lecture continue, de sorte que la fin de l'album pouvait revenir au début. Pour Animals, cela signifiait que « Pigs on the Wing, Part 2 » pouvait mener directement à « Pigs on the Wing, Part 1 ».

La version 8‑track de Pink Floyd a géré cette transition avec une version spéciale de la chanson. Au lieu de laisser les deux parties séparées, elle a relié la Partie 1 et la Partie 2 avec un solo de guitare interprété par Snowy White.[1] White a ensuite joué ce solo lors des performances live lors de la tournée In the Flesh de 1977.[1] La version combinée, incluant le pont instrumental, a été publiée plus tard sur la compilation Goldtop de White en 1995.[1]

Le changement est minime, mais il modifie la forme de l'album. Dans la version standard, « Pigs on the Wing » est un cadre, deux courts morceaux acoustiques placés aux deux extrémités d'un disque amer. Dans le 8‑track, le cadre se ferme en cercle. La chanson qui adoucit la rage de l'album ne se contente pas d'ouvrir et de fermer le disque. Elle se retrouve à recommencer.

Une particularité du format a offert à Pink Floyd une nouvelle couture musicale. La cartouche atteignait la fin, la bande continuait de bouger, et la guitare de Snowy White ramenait le cochon ailé au premier accord.

Sources

  1. « Pigs on the Wing », Wikipedia
  2. « When pigs fly », Wikipedia
  3. Pink Floyd, « Pigs on the Wing », version 8‑track, audio officiel, YouTube