Le 12 septembre 1940, un chien disparut dans un terrier de renard sur la colline de Lascaux. Les garçons qui l’accompagnaient n’étaient pas à la recherche de la préhistoire. Ils faisaient simplement face à une petite urgence sous terre. Marcel Ravidat élargit l’ouverture, puis se glissa le premier dans l’obscurité, suivi de trois amis.[1][3]
L’entrée de la grotte de Lascaux fut découverte en 1940 près de Montignac, en France, après que le chien de Marcel Ravidat, Robot, fut tombé dans un trou. En explorant l’ouverture, Ravidat et ses amis trouvèrent des parois paléolithiques couvertes d’animaux peints.
Au fond, le terrier débouchait sur quelque chose de bien plus vaste. Les garçons improvisèrent une lampe pour voir où ils allaient, et dans la galerie Axiale, la lumière révéla des silhouettes sur les parois : des animaux, grands et soigneusement tracés, déposés sur la pierre par des êtres humains disparus depuis des milliers d’années.[3]
Le lendemain, les garçons revinrent mieux équipés et s’enfoncèrent davantage dans la grotte.[3] Le lieu où ils étaient entrés près de Montignac, en Dordogne, dans le sud-ouest de la France, est aujourd’hui connu sous le nom de Lascaux, ou grotte de Lascaux, un réseau de cavités dont les parois et les plafonds portent plus de 600 peintures.[1] À ces figures peintes s’ajoutent environ 1 400 gravures du même ordre.[3]
Un chien, un trou et une galerie d’animaux
Les chevaux apparaissent encore et encore à Lascaux. On y trouve aussi des cerfs, des aurochs, des bouquetins, des bisons et même des félins, disposés dans des compositions qui gardent une force saisissante, même lorsqu’on les décrit comme un simple inventaire.[3] Les peintures sont généralement datées du Paléolithique supérieur, avec des estimations qui les situent souvent entre 17 000 et 22 000 ans environ, même si leur datation et leur interprétation restent débattues.[1][3]
Le premier instant fut presque absurdement modeste au regard de ce qui allait suivre. Aucune expédition officielle n’était arrivée sur la colline avec du matériel. Aucune équipe de musée ne cartographiait une salle. Un chien était tombé dans un trou, des garçons avaient élargi l’entrée, et un adolescent était descendu le premier.[1][3] Puis la grotte leur offrit des animaux.
Après que les garçons eurent raconté leur découverte à leur instituteur, l’aventure entra dans le temps plus lent des fouilles et de l’étude.[3] En 1948, Lascaux avait été aménagée pour accueillir le public.[3] Elle devint l’une des grottes ornées les plus célèbres d’une région déjà riche en sites préhistoriques, connue autant pour l’ampleur et la puissance de ses images que pour le hasard de sa redécouverte.[2][3]
Pourquoi Lascaux semble encore vivante
Le site français d’archéologie décrit la découverte de 1940 comme le début d’une nouvelle ère dans la connaissance de l’art préhistorique et des origines humaines.[2] Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Lascaux ne nous parvient pas seulement sous forme d’outils, d’ossements ou de traces interprétées à distance. Elle nous parvient comme des images faites pour être vues, des animaux en mouvement sur la roche, dans des salles où l’on devait autrefois entrer à la lueur d’une lampe.[3]
Le sens de ces images demeure incertain. Une interprétation courante leur attribue une dimension rituelle ou spirituelle, mais aucune explication unique n’a clos la question.[3] L’affirmation la plus prudente est aussi la plus intéressante : des personnes très habiles vivant dans la région les ont réalisées, et l’ensemble semble refléter de nombreuses mains, ou plusieurs générations, plutôt qu’un seul moment de décoration.[1][3]
En 1979, Lascaux fut inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère.[1] Aujourd’hui, les visiteurs sont orientés vers des répliques, notamment Lascaux IV, que son site officiel présente comme une reproduction complète et exacte de la grotte originale au Centre international de l’art pariétal.[4]
La visite moderne est soigneusement organisée, éclairée et commentée. Le commencement, lui, ne l’était pas. Avant le centre d’accueil, avant les répliques, avant que Lascaux ne devienne un nom du patrimoine mondial, il y avait une colline près de Montignac, un trou dans le sol, un chien nommé Robot, et un garçon qui descendait dans l’obscurité vers des animaux peints.




