Le complot contre Commode était simple. Un jeune empereur entrerait dans l'amphithéâtre. Un homme nommé Claudius Pompeianus Quintianus l'attendrait près du passage avec un poignard caché sous sa toge. S'il agissait rapidement, les gardes n'auraient qu'une seconde pour comprendre ce qui se passait.[1]

À l'entrée, selon l'historien antique Hérodien, Quintianus dégaina le poignard et le leva là où Commode pouvait le voir. Puis il cria que le Sénat l'avait envoyé pour tuer l'empereur. L'avertissement donna aux gardes du corps exactement ce qu'un assassin n'est jamais censé leur donner : du temps. Ils le saisirent avant qu'il ne frappe.[2]

En 180, Marc Aurèle laissa l'empire à un fils encore jeune et désireux de retourner à Rome. Commode fit la paix sur la frontière nord et revint dans la capitale.[1] Après l'attaque manquée, les résumés modernes du règne décrivent un tournant plus marqué vers la suspicion, la cruauté et le pouvoir arbitraire.[3]

Lucilla, la sœur aînée de Commode, était derrière le complot selon les récits qui nous sont parvenus. Elle avait autrefois été mariée à Lucius Verus, avait porté le titre d'Augusta, et avait vu sa position publique décliner sous l'influence de son jeune frère. Des sénateurs furent également impliqués. Quintianus était censé transformer ce ressentiment en un acte rapide.[4]

Sous la toge, le poignard conservait son meilleur avantage car personne ne l'avait vu. Quintianus renonça à cet avantage pour une réplique de théâtre politique. Il voulait que Commode sache que le coup avait un commanditaire. Ce n'était pas seulement un couteau, il voulait que l'empereur comprenne. C'était le couteau du Sénat.

Après que les gardes eurent saisi Quintianus, la phrase qu'il avait criée resta utile à Commode. Hérodien affirme que cette déclaration devint une des premières raisons de la haine de l'empereur envers le Sénat. D'autres récits relient les conséquences à des exécutions, des purges, l'exil de Lucilla et, finalement, sa mort.[2][4]

Le poignard inutilisé avait déjà traversé la partie la plus dangereuse du plan. Il était passé sous la toge, à travers la foule, et dans l'entrée étroite où Commode était suffisamment proche pour être menacé. Puis Quintianus passa la seconde la plus sûre dont il disposait à expliquer ce que signifiait le poignard.

En fin de compte, le discours a peut-être compté plus que la lame. Il n'a pas tué Commode. Il a contribué à transformer une embuscade privée en preuve publique pour un empereur qui apprenait déjà à voir des ennemis autour de lui. L'image qui perdure est presque absurde : un couteau en l'air, une annonce dans l'embrasure de la porte, et les gardes agissant en premier.

Sources

  1. Cassius Dion, Histoire romaine, Livre 73
  2. Hérodien, Histoire romaine 1.8, via Livius
  3. Encyclopaedia Britannica, “Commode”
  4. World History Encyclopedia, “Commode”