Alexandre avait des armées, des médecins, des ingénieurs, des messagers, de la cavalerie, des équipes de siège, et le genre de confiance qui rend les cartes temporaires. Plutarque rapporte une habitude moins connue de ses campagnes : quand Alexandre dormait, il gardait l'Iliade d'Homère sous son oreiller, à côté d'un poignard.[1]

Alexandre le Grand aurait dormi avec une copie de l'Iliade, corrigée par Aristote, à côté de son poignard. Pour lui, le poème était un équipement de terrain, assez proche pour être atteint dans l'obscurité.

Plutarque affirme que le livre était la copie corrigée par Aristote, plus tard connue sous le nom de copie du coffret, et qu'Alexandre l'appelait un trésor portable de vertu et de savoir militaires.[1] C'est l'association qui est frappante. Un poignard répond à un corps en danger. Un poème répond à l'imagination. Alexandre les plaçait tous deux à portée de main.

Philippe de Macédoine engagea Aristote quand Alexandre était adolescent, et les leçons laissèrent au prince un amour de la lecture pour toute sa vie, selon le résumé de la tradition de la World History Encyclopedia.[2] L'enseignant lui donna plus qu'un simple raffinement. Il lui donna une manière de traiter les livres comme des instruments. Pour un jeune roi élevé aux chevaux, à la chasse et aux dangers de la succession, Homère n'était pas une décoration pour une étagère. C'était un manuel pour désirer la gloire sans admettre combien la gloire pouvait coûter.

En Haute Asie, ajoute Plutarque, Alexandre se trouva à court de livres et ordonna à Harpale d'en envoyer davantage.[1] La liste n'était pas un étalage de trophées de souverain. Elle comprenait des histoires, des tragédies d'Euripide, de Sophocle et d'Eschyle, et des poèmes lyriques. Même pendant la conquête, il approvisionnait l'esprit aussi soigneusement qu'un quartier-maître de camp stockait le grain.

La route traversa plus tard l'Asie Mineure, l'Égypte, la Perse, la Sogdiane, le Pendjab, la vallée de l'Indus et Babylone, une séquence qui peut donner l'impression qu'Alexandre est comme une météo se déplaçant sur une carte.[3] L'habitude de l'oreiller le ralentit. Avant la prochaine marche, avant la prochaine dispute avec les officiers, avant qu'une autre ville ne décide de lui résister, il y avait un homme qui arrangeait deux choses près de sa tête.

La World History Encyclopedia note qu'Alexandre s'identifiait à Achille et Héraclès et modelait son comportement d'après eux.[2] Achille est un héros dangereux à choisir. L'Iliade est pleine d'honneur, de rage, de chagrin, de négociations, de bouderies, de meurtres, et d'hommes réalisant trop tard ce que leurs histoires leur ont coûté. Alexandre semble l'avoir lue comme une instruction de toute façon. Un conquérant qui aime un poème de guerre est prévisible. Porter un poème sur le prix de la colère héroïque comme s'il pouvait l'aider à gouverner la sienne est plus étrange.

La copie du coffret peut sembler presque trop parfaite aujourd'hui, une légende faite pour une vitrine de musée. Mais l'image conserve sa force : un livre fermé, une lame, un roi endormi, et une campagne qui attendait en dehors de la tente. Alexandre n'a pas laissé Homère loin dans une bibliothèque. Il a placé le poème là où un soldat inquiet mettrait une arme, assez proche pour être touché avant le matin.

Sources

  1. Projet Gutenberg, Les Vies des hommes illustres de Plutarque, Vie d'Alexandre
  2. World History Encyclopedia, "Alexandre le Grand"
  3. Livius, "Alexandre le Grand"